
Santé
animale – 19 décembre 2008
L'Europe se mobilise face à la fièvre catarrhale
Trente millions d'ovins et de bovins devront être protégés en Europe avant le début du mois de mai 2009 contre l'infection principalement des deux souches du virus responsable de la fièvre catarrhale ovine, dénommée aussi « maladie de la langue bleue ». Les tentatives entreprises depuis près deux années pour stopper la progression de la maladie sur le continent européen n'ont pas été satisfaisantes. Ainsi, la Commission européenne et les Etats membres de l'Union affectés par la maladie ont part conséquent pris la décision d'engager une vaste campagne de vaccination pour endiguer la diffusion des virus parmi les ovins et les bovins, exceptés ceux destinés à la boucherie. La tâche est d'autant plus délicate que l'une des deux souches du virus à détruire, le sérotype 8, est différente de celle à laquelle le cheptel européen est habitué, c'est-à-dire celle du sérotype 1 qui sévit en ce moment en Italie et en Espagne et sur le continent africain. Cette souche inhabituelle a été détectée pour la première fois en Europe, tout près de Maastricht, dans le sud des Pays-Bas en 2006. Depuis, elle s'est propagée dans plusieurs autres pays (Belgique, Allemagne, Danemark, Autriche, Suède, Royaume-Uni, République tchèque, Slovénie, Hongrie et Suisse). En France où la campagne a débuté le 15 décembre 2008, la tâche des vétérinaires est beaucoup plus compliquée dans la mesure où il faut combattre en même temps les deux souches du virus, celle du sérotytpe 8 qui progresse du Nord vers le Sud et celle du sérotype 1 dont la progression Sud-Nord a été décelée depuis août 2008. Or, il n'existe toujours pas sur le marché de vaccin qui protège les animaux en même temps des deux souches du virus responsable de la maladie de la langue bleue.
Il faut rappeler que cette maladie a été identifiée pour la première fois en Afrique du Sud en 1902 et que l'un des symptômes la caractérisant se présente à travers une forte cyanose de la langue des bêtes affectées. Transmise par un moucheron, la maladie est contractée d'habitude par des ovins dont la mortalité peut atteindre parfois 30 %, des bovins, des caprins et des dromadaires, voire certains ruminants sauvages.
Maroc – 18 décembre 2008
Développement et conservation des ressources génétiques de l'olivier
Depuis plusieurs années, le Maroc s'active pour identifier, développer et conserver les ressources génétiques de ses oliveraies. Cet effort s'explique par plusieurs éléments dont tout particulièrement la diminution drastique, au cours des trois décennies, des variétés locales cultivées et la nécessité de croiser des variétés locales et étrangères capables d'en donner d'autres à la fois plus performantes et plus à même de résister aux maladies et aux cycles de sécheresse devenus de plus en plus longs à cause du réchauffement climatique. Dans son édition du 12 décembre 2008, L'Economiste, premier quotidien économique du pays, rappelle d'ailleurs qu'au moins 25 variétés composaient il y a quelques décennies seulement les oliveraies du Maroc. Aujourd'hui, moins de cinq variétés peuplent l'essentiel des oliviers plantés dans le pays sur une superficie de 560 000 hectares. La « Baldia » dénommée aussi « picholine marocaine » constitue à elle seule 96 % du patrimoine oléicole national. Il s'agit d'une variété à double utilisation (huile et conserve).
Conscientes des dangers qui pèsent sur cette richesse nationale, les autorités marocaines se sont lancées depuis plusieurs années dans un vaste programme en collaboration avec des partenaires européens et internationaux afin d'enrichir et de préserver le patrimoine oléicole national. C'est d'ailleurs dans ce cadre qu'un séminaire international sur les ressources génétiques de l'olivier a été organisé à Marrakech les 1er et 2 décembre 2008 par le Conseil Oléicole International (COI) en partenariat avec le Ministère de l'Agriculture et de la Pêche maritime. Les participants à cette manifestation ont pu se rendre à Tassaout, localité faisant partie de la région de Marrakech où l'Institut National de Recherche agronomique (INRA) gère depuis cinq ans une grande collection comprenant 489 variétés d'olives, autrement dit l'essentiel du patrimoine génétique oléicole méditerranéen estimé à 500 variétés. Cette banque mondiale dédiée aux ressources génétiques oléicoles et conçue comme celle de Cordoue par le Conseil Oléicole International est un excellent outil de travail s'inscrivant dans les efforts de la communauté internationale pour faire partager les savoirs autour de l'olivier et faire avancer les recherches sur la préservation de la biodiversité.
Tunisie-
18 décembre 2008
Partenariats de recherche avec le Brésil
La Tunisie a fait appel au Brésil et plus particulièrement au groupe Embrapa, l’une des plus importantes entreprises de recherche agricole du pays pour lancer des partenariats dans plusieurs domaines de recherche agronomiques. Comme l’a indiqué l’agence de presse Brésil-pays arabes (ANBA), ce n’est pas la première fois que des chercheurs tunisiens font appel à l’expertise brésilienne en matière de développement agricole, en effet, de précédents voyages avaient été organisés dans le but de développer de nouvelles technologies pour la gestion de l’érosion. Cette fois-ci les tunisiens veulent trouver de nouveaux moyens pour développer leur productivité agricole en ce qui concerne le blé et l’orge. Actuellement, la Tunisie produit 80 % du blé dur et de l’orge qu’elle consomme et a pour objectif de devenir autosuffisante pour ces deux céréales. Concernant le blé tendre, la Tunisie cherche à augmenter la production (actuellement le pays produit 20 % de ce qu’il consomme) sans pour autant augmenter les surfaces cultivées, à cause du manque de terres. Le pays compte bien sur l’expertise brésilienne pour y parvenir, en développant de nouvelles variétés résistantes aux aléas climatiques et en augmentant sa productivité, grâce aux compétences technologiques d’Embrapa. Selon l’entreprise brésilienne, trouver de nouvelles variétés de blé et augmenter les volumes constituent une alliance mutuelle pour la Tunisie et le Brésil, car ce dernier doit alimenter l’industrie de la boulangerie. Comme prévu par l’accord de coopération entre les deux pays en matière de recherche, ce rapprochement scientifique s’étendra d’une manière plus large au partage de différentes technologies agricoles ainsi qu’à des programmes d’échanges entre chercheurs et étudiants. Ce genre d’initiative constitue un nouvel exemple de coopération Sud-Sud et d’échanges de compétences.
France-
18 décembre 2008
Nouvelle enquête sur les comportements alimentaires des français
Le Ministère de l’Agriculture et de la Pêche vient de rendre public les résultats d’une étude sur les perceptions des français vis-à-vis de leur alimentation, menée par le Centre de Recherche pour l’Etude et l’Observation des Conditions de Vie (CREDOC). Les principaux résultats de cette enquête, réalisée sur plus de 1000 personnes durant l’été 2008, mettent en avant plusieurs tendances marquantes. Il faut rappeler que cette enquête a été menée dans un contexte de crise alimentaire mondiale, d’augmentation des prix et de ralentissement économique. Aussi, la forte inflation sur les produits alimentaires de ces derniers mois a entraîné une baisse en volume des dépenses alimentaires et l’attention portée au prix (le critère prix a augmenté de 7 points en un an) par le consommateur est devenue bien plus importante que l’attention portée aux critères de qualité d’un produit (« label de qualité »). Cela se traduit par une fréquentation plus importante des magasins « hard discount » (15,2 % en 2008 contre 9,2 % en 2006) et par une progression des achats sur les marchés et auprès des petits commerces. En effet, chose intéressante à signaler, on assiste aussi depuis quelques temps à un rapprochement du consommateur vers les petits commerçants et agriculteurs (81 % des français leur accorde leur confiance), comme en témoigne le développement de systèmes de partenariats de proximité entre consommateurs et producteurs tels que les Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne (AMAP). De plus, l’enquête a également démontré que la dimension santé tend dernièrement à perdre de son importance, l’alimentation étant considérée davantage comme une nécessité. Résultat, « l’alimentation comme moyen de prévenir les problèmes de santé » diminue de 7 points dans les professions libérales et cadres. Les français attendent des pouvoirs publics la mise en place d’une politique de maintien des prix. Enfin, l’enquête met en avant un phénomène qui inquiète de plus en plus les français à savoir l’utilisation abusive des pesticides, risque qui a progressé de 12 points entre 2006 et 2008.
Liban – 12 décembre 2008
Aide et soutien internationaux pour l'oléiculture
Grâce au soutien apporté par plusieurs partenaires de la rive méditerranéenne du Nord, les oléiculteurs du Sud-Liban pourront bientôt augmenter sensiblement leur rendement et améliorer la qualité de leurs produits. Mieux encore, plusieurs d'entre eux sont persuadés qu'ils pourront exporter à l'avenir une bonne partie de leur production via les circuits du commerce équitable. Le programme conçu et mis en oeuvre à cet effet est baptisé « Daman Olives ». Il est notamment initié par l'Ambassade de France à Beyrouth, en collaboration avec l'Agence Française de Développement (AFD) et le contingent français de la FINUL. Il consiste à mettre quatre presses à huile de la nouvelle génération à la disposition d'environ 160 oléiculteurs regroupés en quatre coopératives. En modernisant ainsi un outil de travail important en matière d'oléiculture, les bénéficiaires du programme auront marqué des points au niveau de la productivité : alors que le rendement d'une presse traditionnelle ne dépasse pas en général 200 kg par heure, celui assuré par une presse moderne est quant à lui de l'ordre de 700 kg. En outre, les nouvelles machines dont disposent désormais les 160 oléiculteurs du Sud-Liban ne rejettent que 2 % de la matière sèche de l'olive contre 10 % pour une presse traditionnelle.
Un deuxième volet du programme est pris en charge par une ONG italienne : « Istituto per la Cooperazione Universitaria (ICU) ». Il s'agit d'une formation destinée aux oléiculteurs et axée notamment sur les techniques de production et de conservation de l'huile d'olive. Le troisième volet du programme est assuré par l'Institut européen de Coopération et de Développement (IECD) en collaboration avec le Ministère libanais de l'Agriculture. Il vise à aider les oléiculteurs à bien gérer les coopératives. Selon une étude récente menée par l' « Institute of Business Studies and Research (IBSAR) » de l'Université américaine de Beyrouth, les efforts déployés en vue de labelliser et de promouvoir l'huile d'olive du Sud-Liban pourraient multiplier par quatre la valeur ajoutée du secteur.
Algérie – 12 décembre 2008
l'Etat encourage les opérateurs locaux à investir dans la production des intrants
Les pouvoirs publics algériens ont décidé d'inscrire sur la liste des choix prioritaires celui d'encourager la production des intrants pour essayer d'échapper à la dépendance vis-à-vis des marchés extérieurs, lesquels se sont avérés lourds de conséquences, notamment pour la petite paysannerie. C'est ainsi que le prix du NPK, le fertilisant le plus usité il y a dix ans, a été multiplié par vingt au cours des deux dernières décennies. La même remarque s'applique à l'ensemble des semences de qualités importées jusqu'ici pour leur quasi-totalité. Du coup, une bonne partie des agriculteurs ne pouvant plus s'approvisionner auprès des importateurs de bons engrais et semences de qualité se sont rabattus sur des produits phytosanitaires dont les performances sont parfois très décevantes. Persuadés, d'un côté, que l'investissement des intrants destinés à la petite paysannerie est quelque chose d'incontournable dans toute politique visant à assurer une sécurité alimentaire responsable et conscients, d'un autre côté, des difficultés à la fois des agriculteurs et des importateurs de produits phytosanitaires, les pouvoirs publics estiment que seule une politique publique favorisant l'investissement dans la production de tels produits permettra à terme de trouver l'équilibre requis. C'est justement pour répondre aux doléances de l'ensemble des opérateurs que le Conseil National de l'Investissement (CNI) vient d'entériner une décision gouvernementale qui consiste à accorder des facilités aux investisseurs voulant se lancer dans la production de semences et de plants ainsi que celles de semences animales et d'embryons.
Parmi les productions devant bénéficier de ces mesures, il faut mentionner la pomme de terre, devenue incontournable dans les repas de tous les jours pour l'ensemble de la population. Grâce d'ailleurs à un projet financé à hauteur de 1,8 million de dollars par la Corée du Sud et 100 millions de dinars par l'Algérie, un laboratoire national pour l'amélioration des techniques de la pomme de terre a été lancé à Sebaïne (35 km à l'est du chef-lieu de la Wilaya de Tiaret). Il devra permettre en principe d'ici quelques années de diminuer l'importation de semences de pomme de terre d'environ 40 %.
Union
européenne – 10 décembre 2008
Les parlementaires européens souhaitent que l’UE garantisse la sécurité alimentaire mondiale
Le Parlement européen a voté début décembre l’accord d’une aide alimentaire de 1 milliard d’euros, sur la période 2008-2010, pour aider les pays en voie de développement à faire face à la hausse des prix alimentaires. Cependant, les parlementaires européens ont voulu aller plus loin dans la lutte contre l’insécurité alimentaire et ont estimé que pour qu’elle soit efficace l’aide alimentaire devait s’accompagner d’un effort d’investissements supplémentaires, financiers mais aussi politiques, dans l’agriculture. Dans un rapport sur la politique agricole commune de l’UE et sur la sécurité alimentaire mondiale, l’institution appelle la Commission européenne à s’engager à maintenir une politique agricole forte et à mettre en place des mécanismes pour garantir la disponibilité de stocks mondiaux afin d’assurer la sécurité alimentaire. Les objectifs sont donc de garantir la disponibilité de denrées alimentaires au niveau mondial, en quantité suffisante, et de faire face aux fluctuations brutales (création d’un inventaire mondial, instruments de prévention des changements des prix), de sécuriser la production alimentaire en assurant un revenu suffisant aux agriculteurs des pays en voie de développement mais aussi à ceux des pays développés, et aussi l’amélioration des systèmes de stockage des graines et engrais dans les pays en voie de développement. De plus, dans le contexte de la crise alimentaire, l’agriculture est réapparue au centre des préoccupations politiques, et les parlementaires souhaitent que la Commission européenne réoriente ses programmes communautaires vers le développement agricole, mesure tout aussi fondamentale quand on sait que la majorité des plus pauvres vivent en zones rurales et que l’aide au développement consacrée à l’agriculture est passée de 17% en 1980 à 3% seulement en 2006.
Union
européenne - 9 décembre 2008
Accord de compromis sur la contribution des biocarburants à l’objectif global de consommation des énergies renouvelables
Dans
le cadre des négociations en cours (la conférence de Poznan sur le climat, organisée par
l’Organisation des Nations Unies du 1er au 12 décembre 2008, vise à parvenir à un accord mondial sur le
changement climatique d’ici décembre 2009) sur le paquet « climat
et énergie » de l’Union européenne (UE), celle-ci s’engage
à atteindre l’objectif de 20% d’énergie renouvelable d’ici
2020. A ce jour, les sources d’énergies renouvelables représentent
seulement 8,5% environ de la consommation énergétique totale des
pays membres. De plus, la délicate question des énergies
renouvelables dans les transports a été débattue et un accord a
finalement été trouvé. Il vise à satisfaire 10% des besoins de
l’UE en combustible dans le secteur des transports en utilisant des
sources renouvelables (biocarburants, hydrogène et électricité
verte). Cet accord diffère quelque peu des précédentes
propositions qui prévoyaient de porter, d’ici 2010, à 10%
l’utilisation de biocarburants dans les carburants destinés aux
transports. En effet, dans le contexte de la crise alimentaire, de la
hausse des prix, de la perte de biodiversité des terres et des
débats autour des agrocarburants, la commission de l’industrie et
de l’énergie du Parlement européen a jugé préférable de revoir
l’objectif initial à la baisse. En effet, si l’ambition des 10%
est conservée, au moins 40% devra être couvert par des
biocarburants de seconde génération à base de végétaux non
comestibles ou par des véhicules roulant à l’électricité verte
et à l’hydrogène. De plus, des critères de durabilité ont été
imposés, notamment l’obligation pour les biocarburants d’offrir
au moins 35% d’émissions de CO2 en moins que les carburants
fossiles, objectif qui pourrait atteindre 60% après 2017. Cependant,
les répercussions sur l’affectation indirecte des sols (en raison
de la déforestation, érosion des sols, etc.) dans le calcul des
émissions de CO2 par les biocarburants ne seront pas prises en
compte. Cette question fondamentale en ce qui concerne la lutte
contre le changement climatique a été reportée sans garantie
juridiquement contraignante.
Espagne-
4 décembre 2008
45 millions d’arbres pour lutter contre la désertification
L’Espagne est l’un des pays les plus vulnérables d’Europe en ce qui concerne la désertification, avec 58,7% du territoire classé « semi-aride » et 1,2 % classé « aride ». Dans certaines régions, comme celle d’Alicante, dans le sud-est de l’Espagne, il pleut entre 200 et 300 millimètres par an, à peine plus que dans le nord du Sahel ! Le processus de désertification, aggravé par les changements climatiques, se traduit par la minéralisation de l’écosystème, la dégradation des terres cultivées, pâturages et forêts ainsi que par une perte de biodiversité. Face à cette situation, le Centre d’études de l’environnement méditerranéen (CEAM) à Valence, s’est fixé comme objectif de reverdir la région en misant sur l’introduction d’espèces végétales résistantes au climat extrême et à l’ensoleillement (tels que le laurier rose ou encore le petit olivier sylvestre). Si l’inquiétude de l’Espagne quant aux conséquences de la désertification n’est pas nouvelle, déjà en 1992 lors du sommet de Rio, Madrid tentait de faire inclure les pays du sud de l’Europe parmi les « zones en voie de désertification », le pays cherche à développer des projets novateurs. Aussi, le Ministère de l’Agriculture et de l’Environnement à Madrid, misant sur cette expérience de végétalisation, a en 2007, élaboré et adopté un plan dont l’objectif est de freiner le processus de désertification en plantant dans les régions les plus dégradées 45 millions d’arbres au cours des dix prochaines années.
Algérie
- 3 décembre 2008 Exploiter
le potentiel viticole algérien pour augmenter la production Les
vins du Maghreb représentaient en 2006, 0,5% de la production
mondiale contre 62% pour ceux de l’Union européenne, selon une
étude de l’Office international de la vigne et du vin (OIV). La
revue de l’industrie agroalimentaire (RIA) a récemment consacré
un dossier sur la relance de la viticulture en Algérie, au 20e rang des pays producteurs de raisins, et mis en avant l’important
potentiel viticole du pays et ses terroirs propices à la
production de vins de qualité. Aujourd’hui, l’espace viticole
algérien est estimé à 44 000 hectares pour une production
moyenne de 807 000 quintaux de raisins de cuve dont 20% est
consacré à la production de vins d’Appellation d’Origine
Garanties, le reste est utilisé pour les vins de consommation
courante (vins de table). L’ONCV (Office National de
Commercialisation des Vins), opérateur historique et entreprise
structurante de la filière, a été rejoint depuis 2006 par
différents opérateurs privé dans le paysage viticole algérien et
dans la prise en charge du destin de la filière. En effet, la
réhabilitation de la viticulture a été accompagnée par la montée
en puissance d’opérateurs privés. Dans la région d’Oran par
exemple, le transformateur Grands Crus de l’Ouest (GCO), grâce à
sa stratégie de préfinancement des opérations culturales et
d’accompagnement des viticulteurs, détient désormais plus de 50%
de la viticulture de la principale région de production, l’Oranais.
La volonté de développer le potentiel viticole et de relancer la
production algérienne de vins, source d’emplois, de revenus et de
devises à l’export, s’est affirmée fortement ces dernières
années. Les avantages de la relance de la production viticole sont
multiples : écologiques, en protégeant les sols contre
l’érosion et la désertification, sociaux, grâce à
l’amélioration des revenus des agriculteurs, et enfin,
économiques, grâce à l’augmentation des recettes fiscales.
Euromed- 2
décembre 2008 Les
échanges euro-méditerranéens interpellent la profession agricole
espagnole L’organisation
espagnole COAG (Coordination des Organisations des Agriculteurs et Eleveurs) a
dénoncé au cours d’une récente réunion, les effets négatifs
des accords euro-méditerranéens sur la production des fruits et
légumes en Espagne, comme l’a indiqué le journal espagnol
Eumedia. En effet, la libéralisation commerciale entre l’Union
Européenne et les pays du Nord de l’Afrique a crée une forte
pression sur les producteurs de fruits et légumes européens. Les
coups de production varient selon les pays, au Maroc, par exemple, où
l’exploitation des travailleurs dans le secteur des fruits et
légumes est chose courante, le salaire moyen tourne autour de 5 et
6 euros pour 9 heures de travail. Ainsi, les accords
euro-méditerranéens semblent bénéficier essentiellement aux
multinationales agroalimentaires qui tirent partie de coups de
production faibles dans les pays tiers. De plus, les importations de
fruits et légumes des pays méditerranéens vers l’Europe,
pourtant à bas prix, n’ont pas entrainé une diminution du prix
payé par les consommateurs. Une double nécessité s’impose alors
selon la COAG. D’une part, le développement économique et social
des pays d’Afrique du Nord, qui doit passer par l’amélioration
des conditions de travail des agriculteurs mais aussi par la défense
du concept de souveraineté alimentaire menacé par la promotion
d’une production destinée exclusivement à l’exportation.
D’autre part, la reconnaissance par l’UE des difficultés
engendrées par ces accords pour bon nombre de producteurs et régions
d’Europe s’impose, selon la COAG, et pourrait se concrétiser par
des appuis supplémentaires afin de promouvoir la compétitivité du
secteur, ou encore par le renforcement des mécanismes de protection
et de contrôle (phytosanitaires, systèmes de traçabilité, etc.).