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Observatoire
Juin 2009

 


Coopération
– 30 juin 2009

L’Organisation de la Conférence islamique face à la crise alimentaire

L’Organisation de la Conférence islamique (OCI), organisation créée en 1969 qui regroupe 59 États, se préoccupe de plus en plus des impacts de la crise alimentaire sur ses pays membres ainsi que des perspectives de développement du commerce et des investissements dans le secteur agricole. C’était justement le thème principal d’un atelier tenu les 17 et 18 juin 2009 à Casablanca, au Maroc. La rencontre a été organisée par le Centre Islamique pour le Développement du Commerce (CIDC), organe subsidiaire de l’OCI, sous les auspices du Ministère du Commerce extérieure du Royaume du Maroc et en collaboration avec la Société internationale islamique de financement du commerce (ITFC/Groupe de la Banque islamique de développement, BID). Il s'inscrit dans le cadre des résolutions de la 24ème session du Comité permanent pour la coopération économique et commerciale entre les Etats membres de l'OCI (COMCEC), tenue en octobre 2008 à Istanbul, en Turquie. En effet, le COMCEC, face aux évolutions économiques mondiales, avait prévu de débattre de ce sujet tout au long de l’année.

L’objectif de cette rencontre était donc de rassembler des experts des États membres de l’OCI afin d’analyser les développements récents de l'économie mondiale et la variabilité des prix des produits agricoles stratégiques ainsi que les causes de la crise alimentaire et ses répercussions sur les politiques agricoles dans les pays en développement. Les débats ont porté également sur les perspectives de développement du commerce et d’investissement dans le secteur agricole. Les participants ont insisté sur la nécessité de financement et d’investissements pour accéder aux marchés internationaux, ainsi que sur le développement de l'offre bancaire et l'encouragement des microcrédits pour soutenir les exploitations familiales. Des recommandations ont été émises pour le désenclavement du monde rural, l'encouragement des investissements dans les infrastructures de transport, la distribution et le stockage des produits agricoles, outre la promotion de la production des fertilisants et des semences sélectionnées.

La rencontre fut aussi l'occasion pour les participants de lancer un plaidoyer afin de promouvoir la coopération et garantir la sécurité alimentaire dans le monde islamique. Cette coopération passerait par l'élaboration de stratégies impliquant les instituts de recherche agronomiques et les offices de commercialisation des produits nationaux, ainsi que la mise en place d'un programme régional traitant de la sécurité alimentaire. Dans ce sens, le ministre marocain du Commerce extérieur, M. Abdellatif Maazouz, a appelé les experts et participants à proposer un plan d'action multidimensionnel susceptible d'atténuer les effets de la crise alimentaire sur les pays membres de l'OCI, soulignant la nécessité d'adopter une stratégie de complémentarité pour mieux répondre aux besoins de nombreux pays membres à vocation agricole. De leur côté, MM. Ferruh Tigli, directeur général du COMCEC, et Nabi Benmoussa Touri, représentant de l'ITFC, ont remarqué que la BID, qui a déployé beaucoup d'efforts l'an dernier en faveur des pays membres les plus touchés par la crise alimentaire, devrait en fournir davantage.

Le rapport et les recommandations de cet atelier vont être présentés lors de la prochaine session ministérielle de commerce de l’OIC qui doit avoir lieu à Istanbul entre le 5 et le 9 novembre 2009.


Environnement - 30 juin 2009

Les propositions des agriculteurs pour faire face au changement climatique

La Fédération Internationale des Producteurs agricoles (FIPA), organisation mondiale créée en 1946 qui promeut la coopération entre plus de 120 organisations de producteurs agricoles de 80 pays, propose, dans un document intitulé « Changement climatique : les agriculteurs apportent des solutions», des propositions provenant du secteur agricole dans le cadre des négociations du nouvel accord sur le changement climatique. Il s’agit de la déclaration finale d’une conférence tenue le 29 mai 2009 entre la FIPA et le Danish Agricultural Council à Copenhague, document qui a été rendu à la ministre des changements climatiques et de l’énergie du Danemark.

Tout d’abord, la déclaration reconnaît la spécificité de l’agriculture et réclame une distinction entre les émissions anthropiques et celles qui ne le sont pas, affirmant que les agriculteurs ne peuvent être tenus pour seuls responsables des processus naturels qui émettent des gaz à effet de serre (GES). Le document souligne aussi le rôle crucial de l’agriculture dans tout accord mondial sur les changements climatiques, puisque non seulement ce secteur est fortement touché par ce phénomène, mais aussi et surtout parce qu’il offre des solutions à long terme de résistance et d’adaptation. En effet, le potentiel d’atténuation que détient l’agriculture est censé atteindre 5,56 gigatonnes d’équivalent CO2 par an d’ici 2030, ce qui est considérable par rapport à ses émissions, qui représentent 13,5 % des émissions GES anthropiques mondiales. Selon la FIPA, de nombreuses études reconnaissent que le piégeage des GES par l’agriculture est un moyen aussi rapide que rentable d’atténuer les émissions. Par ailleurs, afin d’assurer le potentiel d’atténuation de l’agriculture, il est crucial d'adapter le secteur agricole au changement climatique pour assurer la sécurité alimentaire et énergétique dans l’avenir. Mais cette responsabilité doit être partagée avec l’ensemble de la société. Dans ce sens, le document précise que les agriculteurs ont besoin notamment de mécanismes financiers appropriés pour les récompenser des services des écosystèmes qu’ils assurent et les inciter à adopter des pratiques technologies agricoles favorables au climat. De plus, il est nécessaire d’aider les agriculteurs vulnérables à s’adapter aux changements climatiques.

Au total, la FIPA demande l’intégration totale de l’agriculture dans le protocole post-Kyoto qui doit être conclu à Copenhague en décembre 2009, et même d’envisager un éventuel accord sectoriel.


Méditerranée – 27 juin 2009

Union pour la Méditerranée, réunion ministérielle sur le développement durable

Le 25 juin, s’est tenue à Paris une réunion ministérielle de l’Union pour la Méditerranée (UpM) portant sur les projets de développement durable. Cette réunion, organisée à l’initiative de la coprésidence franco-égyptienne, marque une nouvelle étape dans la mise en œuvre de l’UpM dont la dynamique était entravée ces derniers mois. 35 des 43 pays membres étaient présents, dont fort symboliquement le ministre israélien de l’environnement, Gilad Erdan, et le ministre de l’économie de l’autorité palestinienne Bassem Khouri.

L’objectif de la réunion était de faire le point sur les projets concernant quatre enjeux majeurs : l’eau et l’environnement, les transports, l’énergie et le développement urbain durable. Cinq projets pour un montant d’un milliard d’euros ont été finalement retenus parmi plus de 200 projets évalués. Nombre de projets examinés par les ministres s'inscrivent dans le cadre du Plan solaire méditerranéen (PSM), projet phare de l'UpM qui concerne les énergies renouvelables, les questions d'efficacité énergétique et d'interconnectivité entre pays. L'une des pistes à l'étude est la création de gigantesques centrales solaires thermodynamiques dans le Sahara, qui permettraient d'alimenter la rive Sud de la Méditerranée, mais aussi, via des câbles sous-marins, l'Europe. Le développement durable des villes a également été au cœur des débats, tenant en compte que la population des villes du Sud de la Méditerranée devrait croître de 100 millions de personnes en 2025 par rapport à 2000. Parmi les projets retenus lors de la réunion figure l’extension d’une station d’épuration au Caire qui permettra de traiter les eaux usées de 2 millions de personnes, la construction d’une centrale photovoltaïque au Maroc, la mise en place des pompes d'irrigation alimentées par des panneaux solaires en Tunisie ainsi qu'un projet d'adduction d'eau à Gaza. Selon Jean-Louis Borloo, le ministre français de l’écologie, une quarantaine de projets de plus devraient pouvoir être adoptés lors des prochaines réunions. Par ailleurs, les bailleurs de fonds internationaux, parmi lesquels la Banque européenne de l’investissement (BEI), l’Agence française du développement (AFD), la Banque mondiale (BM) ou la Banque africaine de développement (BAD), ont annoncé qu’ils apporteraient un financement de près de 23 milliards d'euros. Or, les besoins pour l’ensemble des projets ont été évalués par la BEI à 200 milliards d'euros sur les vingt prochaines années.

Une réunion des hauts-fonctionnaires de l'UpM est prévue le 7 juillet à Bruxelles, en parallèle à une réunion euro-méditerranéenne des ministres de l'économie et des finances. D’autre part, une nouvelle réunion de ministres de l’environnement de l’UpM est plannifiée pour la mi-octobre à Dubrovnik (Croatie). Et d'autres rendez-vous ministériels consacrés aux transports et à l'énergie devraient avoir lieu respectivement en Egypte et en Grèce d'ici la fin de l'année.

Europe – 26 juin 2009

Les pays membres demandent à la Commission de formuler des propositions pour développer l'aquaculture européenne

Au cours de leur dernière réunion tenue à Luxembourg les 22 et 23 juin 2009, les Ministres de l'Agriculture et de la Pêche des pays membres de l'Union européenne ont demandé à la Commission de formuler des propositions concrètes d'ici la fin de l'année 2009, en vue de développer l'aquaculture dans un cadre qui tienne à la fois compte des impératifs de la compétitivité internationale mais aussi de la santé des consommateurs et de la durabilité. « L'Europe a connu ces dix dernières années une stagnation du développement de son aquaculture, à la différence des autres régions du monde », ont constaté les Ministres des 27 à l'issue de la réunion. Le même constat avait été dressé au mois d'avril dernier par Joe Borg, Commissaire européen à la Pêche et aux Affaires maritimes, lors d'un débat à propos d'un plan de relance présenté par la Commission. Adopté par les pays membres, celui-ci suscite néanmoins l'inquiétude des écologistes européens qui reprochent à l'aquaculture de déséquilibrer les écosystèmes et de les polluer à travers les déjections des poissons élevés et l'utilisation de produits chimiques dans les espaces dédiés à cette activité. Des chercheurs de renommée internationale ont d'ailleurs montré que l'utilisation d'antibiotiques pour développer la pisciculture avait ravagé des bassins marins entiers. Les détracteurs du développement de l'aquaculture (qui fournit désormais à peu près la moitié des poissons consommés tous les ans) pensent qu'en renforçant la place des poissons élevés dans les assiettes, on finira par faire disparaître les poissons sauvages. Ils rappellent, à cet égard, qu'il faut parfois 5 à 6 kilos de poisson sauvage pour produire un kilo de poisson élevé.

Quoi qu'il en soit, les pays membres de l'Union européenne sont résolument convaincus que les normes sanitaires et environnementales mises en place pour développer l'aquaculture européenne sont bonnes et fiables. Ce qui les inquiète en revanche, ce sont les investissements colossaux que la Chine est en train de consacrer au développement de son aquaculture. Ce pays à lui seul assure, en effet, environ 70 % de la production aquacole mondiale alors que celle de l'UE n'en représente actuellement que 2 %.

 

Europe - 25 juin 2009

Crise du lait : l'idée d'une grande grève fait son chemin auprès des producteurs européens

Bien qu'ils aient protesté vigoureusement à Bruxelles, le 18 juin 2009, contre la chute de leurs revenus, les producteurs de lait des pays membres de l'Union européenne n'ont pas réussi à convaincre, ni la Commission ni les Chefs d'Etats et de Gouvernements des pays membres, du bien-fondé de leur requête : réajuster la politique des quotas adoptée en 1984 pour permettre à la profession de tenir face à la chute vertigineuse des prix du lait imposés par les distributeurs. Désormais, ils organisent des réunions pour étudier l'hypothèse d'une grève du lait qui ne soit pas éphémère et qui accule et les politiques et les distributeurs à les écouter. L'idée fait son chemin et semble séduire même les producteurs non syndiqués. Elle avait déjà été testée avec un certain succès en 2008 par les producteurs de six pays dont l'Allemagne, mais sans la France. Les grévistes étaient, en effet, parvenus à mettre fin à la chute des prix et à récupérer le manque à gagner en deux mois. Les producteurs allemands et leurs collègues français essayent aujourd'hui de persuader les autres producteurs aux Pays-Bas, en Pologne, en Bulgarie, en Belgique, en Irlande et en Espagne qu'une action concertée et commune pourra être plus fructueuse que celle menée il y a un an. Les arguments invoqués sont multiples mais deux paraissent plus convaincants : les producteurs allemands et français assurent à eux seuls plus de 50 % de la production européenne. En outre, le recours à une telle action peut être soutenu par les associations de consommateurs qui reprochent aux distributeurs des marges de gain excessives dans la mesure où les prix au détail n'ont pas baissé.

En voulant agir ainsi, les producteurs croient pouvoir exercer des pressions politiques qui amèneraient la Commission à revoir sa feuille de route relative au secteur laitier dans le cadre de la réforme de la Politique agricole commune (PAC). Celle-ci prévoit, en effet, la disparition totale des quotas laitiers, le 1er avril 2015.

 

France – 24 juin 2009

Bruno Le Maire, nouveau Ministre de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Pêche

Bruno Le Maire, ancien Secrétaire d'Etat français au Affaires européennes, a été nommé Ministre de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Pêche dans le cadre du dernier remaniement ministériel survenu le 23 juin 2009, en remplacement de Michel Barnier, élu pour sa part député européen. Agé de 40 ans, il est diplômé de l'Ecole normale supérieure (ENS) et agrégé en Lettres modernes. Il est également énarque et possède une expérience solide dans l'administration française, notamment auprès des cabinets des Ministères des Affaires étrangères, de l'Intérieur et du Premier Ministre où il était chef de Cabinet de 2006 à 2007. Bruno Le Maire est député depuis 2007 et conseiller politique de l'Union pour un Mouvement populaire (UMP), parti de la majorité présidentielle. Sa parfaite connaissance de l'Allemagne et de la langue allemande lui ont permis de redynamiser l'axe franco-allemand au cours de la récente période pendant laquelle il était secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, c'est-à-dire de décembre 2008 jusqu'à sa nomination à la tête du Ministère de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Pêche.

Jean Michel Lemétayer, Président de la FNSEA, principal syndicat agricole, compte beaucoup sur l'expérience de Bruno Le Maire avec les dossiers européens pour défendre à bon escient les intérêts des producteurs français dans les négociations portant sur la réforme de la Politique agricole commune des pays membres de l'Union européenne. Les débats sur ce sujet « vont être extrêmement tendus » a-t-il remarqué. Un autre dossier d'actualité brûlante que le nouveau Ministre devra traiter dans l'immédiat est celui de la crise du lait. Cela fait, en effet, des mois que les producteurs français protestent contre les marges accordées à la grande distribution qu'ils jugent excessives, voire mortelles pour l'avenir de la filière.

Il faut noter enfin, qu'à la faveur du dernier remaniement ministériel, le développement durable lié aux questions de l'alimentation, de l'agriculture et du monde rural a été renforcé à travers ce Ministère, mais également par la création d'un Ministère dédié à l'Espace rural et à l'Aménagement du Territoire confié à Michel Mercier, sénateur du Rhône, et par l'élargissement des compétences du Ministère de l'Ecologie en la matière. Toujours dirigé, comme dans l'ancienne composition gouvernementale, par Jean-Louis Borloo, Ministre d'Etat, ce département est intitulé désormais : Ministère de l'Ecologie, de l'Energie, du Développement durable, de la Mer, des Technologies vertes et du Climat.



Espagne – 18 juin 2009

Situation et dynamiques du secteur aquicole

Le Ministère espagnol de l’environnement et du milieu rural et marin (MARM) a présenté le 3 juin 2009 les données officielles de 2008 sur le secteur aquicole espagnol. Le rapport signale que le secteur a enregistré en 2008 une production de plus de 290 000 tonnes, dont 78 % étaient des mollusques (principalement moules, huitres, coques et clovisses) et les 22 % restants constitués de poissons marins et continentaux (daurades, bars, turbots, truite et thon). Selon le Ministère, le secteur aquicole de poissions marins est celui qui a présenté l’évolution la plus positive ces dernières années, avec une augmentation de la production de 35 % entre 2004 et 2008 grâce à des améliorations techniques introduites dans ces cultures. En effet, les espèces qui ont été développées le plus sont la daurade, le bar et le turbot.

L’aquiculture représente un important moteur de développement pour les zones littorales espagnoles fort dépendantes de la pêche. En 2007, le secteur représentait 450 millions d’euros et presque 300000 emplois. Globalement, ce sont des emplois caractérisés par une grande spécialisation, de la stabilité, et par un plus grand nombre de travailleurs femmes dans un secteur traditionnellement masculin. La Galice, la Catalogne et l’Andalousie sont les régions qui ont la plus grande production aquicole. Dans la zone méditerranéenne et la zone sud-atlantique la culture de la daurade et le bar prédominent, les Canaries étant la première région productrice nationale de bar.

Au total, et selon les dernières statistiques élaborées par Eurostat en 2007, l’Espagne est le premier pays de l’UE-27 en matière de production aquicole, suivie de la France, de l’Italie, du Royaume-Uni et de la Grèce. En outre, de véritables perspectives de croissance existent à moyen terme pour l’aquiculture de poissons marins. Selon les calculs du Ministère, on pourrait passer d’une production moyenne de 40000 tonnes aujourd'hui à 140000 tonnes par an en 2015. Or, les perspectives de production à court-terme (horizon 2010) sont beaucoup plus modestes qu’initialement prévues : on attend une production annuelle d’environ 60 à 70 000 tonnes. Ce ralentissement de la production est dû à des facteurs économiques immédiats tels que la baisse de la demande et la baisse des investissements en 2008-2009. Pour faire face à la stagnation actuelle du secteur, le MARM a annoncé la mise en place de nouveaux instruments financiers, d’information et d’appui au secteur aquicole tels que l’implémentation du Fonds européen de la Pêche (FEP) 2007-2013, l’articulation et le développement des Plans nationaux de cultures marines et l’octroi des aides au développement technologique.

 

 

Monde – 18 juin 2009

Une hausse probable des prix agricoles d'ici 2018.

Les prix des principaux produits agricoles repartiront à la hausse au cours des dix prochaines années, sans pour autant connaître des flambées similaires à celles des années 2006-2008. C'est ce qu’indique le dernier rapport annuel élaboré conjointement par l'OCDE et la FAO sur les Perspectives agricoles de la planète. « La faiblesse persistante de l'économie mondiale freinera les prix des denrées alimentaires de base au cours des 2 ou 3 prochaines années, puis ceux-ci devraient se raffermir sous l'effet de la reprise économique », notent les auteurs du rapport. Selon les projections des experts, les prix des céréales et d'autres productions végétales devraient augmenter au cours de la prochaine décennie de 10 à 20 %, hors inflation par rapport à la moyenne de 1997-2006, tandis que ceux de la viande se stabiliseraient. Quant aux prix des produits laitiers, ils devraient être légèrement plus élevés, d'ici 2018, par rapport à ceux de la période 1997-2006.

Le rapport souligne par ailleurs l’impact de la crise financière et de la récession économique mondiale sur le secteur agricole. Mais les auteurs estiment que l’agriculture, compte tenu d’une demande alimentaire croissante et donc en aucun cas élastique, s’en sort relativement mieux que d’autres secteurs d’activités. L’une des difficultés majeures enregistrées ces derniers mois concerne cependant l’accès au crédit pour les professionnels agricoles et notamment pour les acteurs du monde agro-industriel qui doivent faire face au resserrement des marchés du crédit. Les auteurs du rapport pensent que le secteur agricole pourra enregistrer au cours des dix prochaines années des gains de productivité, notamment dans les pays en développement, à condition de consentir des investissements nécessaires et de bien gérer les risques liés à l'exploitation des ressources naturelles, celle en particulier des ressources en eau. Le problème du stress hydrique se posera avec plus d'acuité dans plusieurs régions du monde, dont celle Méditerranée, à cause du réchauffement climatique, notent-t-ils. Il est également rappelé que dans les conditions naturelles actuelles et la demande alimentaire mondiale, il faudra vraisemblablement augmenter la production agricole de plus de 40% d’ici 2030 pour répondre aux besoins de la planète.

Une première enfin : cette année, le rapport conjoint FAO-OCDE se penche sur l'évolution des marchés mondiaux de carburants issus de produits agricoles. D'après les projections retenues, le biodiesel sera appelé à croître légèrement plus vite que l'éthanol. L'expansion du premier est passée entre 2000 et 2007 de moins d'un milliard de litres à près de 11 milliards de litres. La production de l'autre agrocarburant, fait surtout à base de maïs et de canne à sucre, a été multipliée par trois au cours de la même période. Pour finir, il est intéressant de noter que le rapport insiste sur la corrélation grandissante entre le prix du pétrole brut et les prix des denrées alimentaires : cette sensibilité peut nourrir la volatilité prévisible des prix agricoles dans les années à venir, sachant que le prix du pétrole semble déjà repartir à la hausse.



Grèce – 18 juin 2009

Google Earth, outil pour protéger les zones forestières ?

A l'instar de ce qui se passe dans la plupart des pays méditerranéens, certains promoteurs immobiliers ont intérêt, en Grèce, à ce que les feux de forêts ravagent tous les ans des zones boisées situées non loin de la mer, pour y lancer des projets juteux. En l'absence de cadastre, une autre pratique corollaire s'y est développée au fils des années. Elle consiste à exploiter ou s'approprier illégalement des parties des zones brûlées. Or, en recourant à Google Earth pour protéger la repousse des arbres des zones sinistrées et replantées, les services forestiers de Pyrgos ont remarqué une diminution des tentatives d'appropriation et d'exploitation illégales dans cette région où les feux de forêt avaient ravagé quelque 25 000 hectares en 2007. « Nous nous servons des photos avant feux de Google Earth comme d'une base de référence pour empêcher toute exploitation ou appropriation illégale », a expliqué à l'AFP Diyonisos Thomopoulos, responsable des services forestiers de Pyrgos, lequel trouve les photos prises par Google Earth plus pratiques et plus exactes que les photos aériennes traditionnelles recoupées avec les relevés dressés au sol par les agents forestiers.

L'idée de recourir aux services de Google à cette fin n'émane pas de l'administration grecque qui attend toujours qu'un cadre juridique soit mis en place concernant les différents usages de celui-ci. L'Autorité grecque de protection des données personnelles vient d'ailleurs de demander des garanties au groupe américain ayant en charge l'exploitation de ce logiciel, avant de donner son vert à des initiatives écologiques prises grâce à l'oeil de Google Earth.


Algérie – 18 juin 2009

Un dispositif exceptionnel pour aider les producteurs à collecter et emmagasiner leur récolte céréalière

En Algérie, tous les services de l'Etat et des organisations professionnelles sont mobilisés dans les régions agricoles céréalières pour que les opérations relatives à la moisson et à l'emmagasinage se déroulent dans de bonnes conditions. Dans la Wilaya de Médéa, par exemple, un parc d'une quarantaine de moissonneuses-batteuses a été mis à la disposition de plusieurs localités touchées par une vague de chaleur qui a fait mûrir prématurément les épis d'orge. En outre, de nouveaux centres de collecte ont été ouverts dans ces localités pour aider les producteurs à emmagasiner à temps leur récolte. Pour le moment, tout se passe bien. « Selon les premières récoltes », affirme Benoui Mostafa, Directeur des services agricoles de la Wilaya de Médéa, « tout semble bien partie pour une bonne moisson » qui devrait permettre à cette région de « garder la troisième position sur le territoire national après Sétif et Tiaret, en matière de production céréalière ». Le quotidien algérien El Watan, qui rapporte ce témoignage dans son édition du 15 juin 2009, estime que les pluies régulières et abondantes enregistrées dans la plupart des régions agricoles du pays, au cours de l'hiver et du printemps derniers, contribueront à revoir à la baisse les importations céréalières algériennes depuis l'étranger.

Dans la Wilaya de Sétif, pas moins de 23 points de collectes et de stockage ont été mis en place au cours des deux dernières semaines. Il est d'ailleurs prévu de récolter cette années environ 2,5 millions de quintaux de céréales dans les champs ensemencées (175 000 hectares dont 96 000 réservés au blé). Dans la région de Constantine, Rachid Benaïssa, Ministre de l'Agriculture et du Développement rural, a exhorté, il y a quelques jours, les services de la protection civile à redoubler d'efforts pour aider les producteurs des zones reculées à éviter les risques d'incendies lors de la récolte. A l'issue des moissons, le Ministère compte faire un premier bilan des « contrats de performance » que l'Etat a signés en 2008 avec les différentes wilayas du pays pour développer leur production agricole proportionnellement aux moyens mis à leur disposition.


Environnement – 16 juin 2009

La deuxième série de négociations de l’ONU sur le climat s’achève sans grandes avancées concrètes

Des délégués de 182 pays se sont réunis à Bonn, en Allemagne, entre le 1er et le 12 juin 2009, pour une deuxième série de négociations ayant pour objectif d’établir un nouveau traité pour remplacer le Protocole de Kyoto sur la réduction de l’émission des gaz à effet de serre, qui arrivera à expiration en 2012. En dépit du grand nombre de propositions présentées lors de la Conférence, les négociations ont révélé une profonde division entre pays riches et pays pauvres. En effet, 40 pays en développement ont demandé aux pays le plus industrialisés de s’engager à des réductions de CO2 de 40% sous les niveaux de 1990 et d’offrir en même temps des aides financières aux pays pauvres dans leurs efforts, condition reconnue comme préalable à tout accord final. Or, les pays développés ne se sont pas engagés fermement sur les financements  même si l’idée mexicaine de créer un fonds de financement climatique, auquel toutes les parties contribueraient, apparut assez consensuelle. De plus, parmi les pays développés, seuls ceux de l’UE se sont imposés comme objectif la réduction des émissions de CO2 de 30%. D’autre part, les objectifs japonais présentés ont déçu par leur faible ambition, le pays se fixant comme but de réduire ses émissions de gaz jusqu’à 15 % sous les niveaux de 2005 d’ici 2020, ce qui ne signifie en réalité qu’une réduction de 8% par rapport aux niveaux de 1990. Les Etats-Unis ont également été critiqués pour leur manque de volontarisme.

Le rencontre de Bonn constitue le deuxième volet d’une série de cinq grandes séances de négociation organisées cette année par l’ONU et qui se conclura par la Conférence de Copenhague (7 au 18 décembre 2009), où le thème de l’agriculture devrait occuper une place central dans cette vaste réflexion pour l’action face aux défis du changement climatique. La prochaine échéance, une réunion informelle est prévue du 10 au 14 août à Bonn, suivie des réunions de Bangkok, du 28 septembre au 9 octobre, et de Barcelone, du 2 au 6 novembre.

 


Europe – 12 juin 2009

Vers une politique européenne de qualité des produits agricoles plus simple et plus visible

Le secteur agroalimentaire européen, réputé par la qualité de ses produits, doit satisfaire à des exigences de production très strictes, notamment en matière de protection de l’environnement, de bien-être des animaux et d’utilisation de pesticides et médicaments vétérinaires. Cependant, ce n’est pas sur que les agriculteurs soient toujours récompensés pour ces efforts. D’autre part, trop souvent, les consommateurs connaissent peu les caractéristiques des produits qu’ils achètent.

C’est le constat qui a été fait lors des discussions autour du Livre Vert de la Commission européenne sur la qualité des produits agricoles, entamées depuis le mois d’octobre 2008, ainsi que des conclusions de la conférence à haut niveau organisée par la présidence tchèque en mars 2009. En conséquence, la Commission a adoptée le 28 mai 2009 une communication avec des recommandations pour encourager une meilleure politique européenne de qualité des produits agricoles. L’idée est de renfoncer la cohérence des systèmes d’étiquetage et de certification et de les simplifier pour, d’une part, faciliter son accès aux operateurs agro-alimentaires, et de l’autre, rapprocher ces produits du consommateur.

Ainsi, la Commission propose une série des mesures comme inclure dans les systèmes d’étiquetage l’identification du lieu de production ou étudier la possibilité d’introduire une mention pour « les produits de l’agriculture de montagne », ainsi que pour les « produits traditionnels » (au lieu de l’actuelle « spécialité traditionnelle garantie » peu utilisée jusqu’à la date). La communication souligne également la nécessité de créer un registre unique pour l’ensemble des indications géographiques de tous les produits (vins, spiritueux, produits agricoles et denrées alimentaires) tout en préservant les spécificités de chaque système. Une autre priorité est l’amélioration des échanges entre les pays de l’UE pour des produits d’étiquetage spécifique, notamment les produits issus de l’agriculture biologique. Dans ce sens, l’UE est en train de préparer un nouveau logo biologique qui sera obligatoire à compter du 1er juillet 2010 et qui devrait contribuer à harmoniser les différentes normes nationales qui prévalent aujourd'hui. La Commission vise aussi à contribuer au développement de normes internationales concernant la commercialisation et les produits biologiques, ainsi que le renforcement de la protection, sur le plan international, des indications géographiques. Enfin, le document recommande de développer des lignes directrices en matière de bonnes pratiques dans le domaine des systèmes de certification privés, afin de réduire les inconvénients qu’elles entraînent, notamment les problèmes de transparence, les risques de confusion chez les consommateurs ou les charges sur les agriculteurs, en particulier lorsque ceux-ci doivent participer à plusieurs systèmes.

 

Monde – 11 juin 2009

Un projet de fonds international de réserves céréalières à l'étude

Lors du Premier Forum céréalier tenu à Saint-Pétersbourg les 7 et 8 juin 2009, la Russie a soutenu un projet défendu surtout par les pays du Sud et par la FAO et qui consiste à créer un fonds international de réserve pour permettre à la communauté internationale de mieux faire face aux crises alimentaires aiguës. L'idée d'organiser un tel forum a été émise par le Président russe au cours du sommet du G8 qui s'est tenu au Japon au mois de juillet 2008 et dont la sécurité alimentaire a été un axe majeur des débats et des échanges des dirigeants des grands pays industrialisés dans le monde. Dans son discours d'ouverture du Forum, le Président russe Dimitri Medvedev a insisté d'ailleurs sur la nécessité de maîtriser la volatilité des prix du marché céréalier et d'en faire l'une des conditions sine qua non de la résolution à terme du problème de la sécurité alimentaire. Si ce projet a été largement débattu lors du Premier Forum céréalier, il n'en demeure pas moins qu'aucune proposition concrète à ce sujet n'a été retenue à la fin de la manifestation.

En réalité, ce qui intéressait le plus la Russie et plusieurs représentants de plus de cinquante pays ayant participé au Forum, c'était la manière dont évoluerait le marché international des céréales, au cours des cinq prochaines années, à la lumière de la crise économique et internationale actuelle. Frappée de plein fouet par celle-ci, la Russie a, en effet, profité des débats tenus lors du Forum pour voir comment se servir à l'avenir de son agriculture, notamment céréalière, pour atténuer les effets socio-économiques de la crise. Ce faisant, les responsables russes pensent pouvoir devenir le grenier du monde et contribuer aux efforts internationaux visant à éviter de nouvelles flambées incontrôlables des prix des céréales. La Russie figure en effet parmi les plus grands producteurs et exportateurs de blé au monde. En outre, le réchauffement climatique ne pourra qu'augmenter ses capacités en la matière, contrairement à des pays situés dans l'hémisphère sud de la planète. Mais encore faudrait-il consentir des investissements colossaux pour cultiver des terres arables abandonnées depuis l'éclatement de l'ex-URSS et pour développer les infrastructures défectueuses. C'est le cas, entre autres, des silos à grain de mauvaise qualité et en nombre insuffisant. Les Russes ont saisi le Premier Forum céréalier pour évoquer la possibilité d'ouvrir les projets agricoles à long terme aux investisseurs étrangers.

Ce forum s’inscrit globalement dans une période de montée en puissance des exportations céréalières de la Russie et des pays de la Mer Noire (Ukraine et Kazakhstan). Ces trois pays assurent actuellement près du quart des exportations mondiales de blé et leurs marchés se situent principalement en Afrique du Nord et en Moyen-Orient. Ces pays mènent ainsi une sérieuse réflexion concernant l’éventuelle mise en place d’un consortium céréalier des pays de la Mer Noire, qui préfigurerait, avec un angle stratégique cependant bien compris, ce futur fonds international de réserve céréalier. Si l’idée semble séduisante, le projet apparaît géopolitiquement délicat quand on sait que le dialogue entre Moscou et Kiev (notamment sur le plan gazier) demeure complexe. A ce titre, il apparaît tout à fait intéressant d’observer le rapprochement de l’Ukraine et de la Libye : ces pays sont sur le point de conclure un accord pour mettre 100 000 hectares de terres ukrainiennes à disposition des Libyens qui y produiraient pour leur propre marché près de 500 000 tonnes annuels de blé. En échange, 600 000 tonnes d’hydrocarbures seraient livrées aux Ukrainiens de la part de la Libye.

Dans son discours devant les participants au Premier Forum céréalier, Jacques Diouf, Directeur Général de la FAO, a répété à plusieurs reprises, en ce qui concerne les initiatives à prendre dans le domaine de la sécurité alimentaire, que le temps de la parole était révolu et qu'il faudrait passer sans tarder à des actions concrètes. Il a rappelé au passage que le rapport stock/utilisation des céréales était au cours des deux dernières années à son niveau le plus bas depuis trente ans. Et il a souligné les risques mais aussi les opportunités existants au sujet de l’achat ou de la location de terres agricoles qui traversent actuellement la planète.



Environnement
– 10 juin 2009

Le changement climatique : une réalité aussi alarmante que mobilisatrice ?

Le Forum humanitaire mondial, fondation présidée par l’ancien secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, a rendu public un rapport le 29 mai 2009 qui vise à analyser l’impact que d’ores et déjà a le changement climatique sur la Planète. Le document, intitulé « L’impact humain du changement climatique. Anatomie d’une crise silencieuse » indique que le réchauffement climatique n’est pas une menace à venir, mais une réalité grave déjà responsable de 300 000 morts par an et qui coûte 150 milliards de dollars annuels. L’approche de ce rapport apparaît plus novatrice qu’habituellement, car trop souvent les travaux sur le changement climatique ont été orientés en termes prospectifs et des risques à venir, plus rarement en termes de dynamiques au présent.

Des catastrophes climatiques plus fréquentes comme des inondations, des cyclones ou des sécheresses entraînent de plus en plus de victimes, mais l’élévation des températures agit surtout sur les rendements agricoles, l’accès à l’eau et, en conséquence, sur la pauvreté. C’est donc la dégradation de l’environnement, l’effet le plus dévastateur, entraînant la malnutrition et la diffusion des maladies dans les pays les plus pauvres. Selon ce rapport, vers 2030, chaque année, le réchauffement climatique pourrait entraîner près d'un demi-million de morts et son coût s'élèverait à environ 300 milliards de dollars.

Kofi Annan a souligné que le rapport démontrait la nécessité d'un «accord post-Kyoto courageux pour protéger le monde» puisque «l'alternative est une famine de masse, une migration de masse, des maladies de masse et des morts en masse ».

Précisément, le document est apparu trois jours avant le début de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques de Bonn (1er au 12 juin 2009). Elle constitue la deuxième d’une série de 6 sessions de négociations, visant à aboutir à un accord ambitieux et international face au changement climatique à Copenhague en décembre 2009. Ce nouveau round de négociations sur le climat s'est ouvert, pour la première fois, avec un texte issu de chaque groupe de travail censé servir de base à l’adoption du futur accord mondial.



Egypte – 9 juin 2009

Quels investissements agricoles à l'étranger ?

L'Etat égyptien n'a pas l'intention d'investir dans des projets agricoles en dehors du territoire national, excepté le Soudan avec lequel un partenariat dans ce domaine a été lancé dans les années 1970. C'est ce qu'a affirmé le 7 juin 2009, M. Amin Abaza, Ministre égyptien de l'Agriculture et de la Bonification des terres. Concernant les fermes expérimentales installées dans certains pays africains et financées par le fonds de Développement du Ministère égyptien des Affaires étrangères, le Ministre a précisé que de tels projets ne s'inscrivaient pas dans une démarche d'exploitation, mais plutôt dans le cadre d'initiatives à caractère pédagogique. En revanche, les secteurs du privé sont intéressés en Egypte par des projets agricoles en dehors du pays, notamment en Ouganda, a-t-il indiqué. C'est justement dans ce cadre que plusieurs sociétés privées égyptiennes ont entrepris des négociations avec les autorités ougandaises afin de louer environ un demi million de feddans pour y cultiver du blé et d'autres produits agricoles. Le Ministre a précisé, en outre, que quatre groupes privés égyptiens étaient parvenus à louer en Ouganda 500 000 fedddans.

Par ailleurs, M. Abaza a réaffirmé qu'une cargaison de blé russe arrivée en Egypte au mois de mai n'avait pas été déchargée parce que jugée impropre à la consommation suite à une plainte déposée par certains députés égyptiens mettant en cause la qualité du blé russe. Le procureur général a d'ailleurs chargé la compagnie importatrice de sortir le lot acheté à la Russie et d'en rembourser le prix à l'Etat égyptien. Il s'agit d'une cargaison de 52 500 tonnes de blé dont le coût s'élève à 9,6 millions de dollars américains. Pour remédier à ce problème, Elena Skrynnik, Ministre russe de l'Agriculture propose de livrer désormais directement aux représentants de l'Etat égyptien, donc sans recourir à des compagnies intermédiaires.


Algérie – 9 juin 2009

Un cadre juridique optimisé dans le secteur des boissons gazeuses et des eaux fruitées

Un groupe d'experts relevant de plusieurs ministères dont celui celui de l'Agriculture travaille actuellement à l'élaboration d'un projet de loi fixant de manière claire les cahiers des charges relatifs au bon fonctionnement du secteur des boissons gazeuses et des eaux fruitées. L'information a été confirmée lors de la Troisième Journée d'échanges et de formation en industries de boisson, tenue à Alger, le 8 juin 2009. La plupart des intervenants dans les conférences et ateliers organisés à cette occasion ont souhaité l'adoption très rapide d'une loi sur cette question pour répondre à un double objectif : préserver la santé des consommateurs et permettre au secteur de se développer de manière saine. Il a été remarqué, en effet, d'une part que l'utilisation d'édulcorants cancérigènes et le non respect des normes d'hygiène de base étaient une pratique courante chez plusieurs entreprises spécialisées dans les boissons gazeuses et les eaux fruitées dans le pays. Compte tenu, d'autre part, de la dynamique que connaît le secteur, de plus en plus d'investisseurs s'y intéressent. Il est donc nécessaire, qu'un cadre juridique plus clair et plus contraignant que le dispositif actuel soit mis en oeuvre par l'Etat, en concertation avec les représentants de toutes les parties concernées par ce secteur, recommandent les associations des consommateurs et les organisations professionnelles.



Environnement – 9 juin 2009

Aider les producteurs locaux dans les pays en développement à pratiquer une agriculture durable

Il est plus que jamais nécessaire d'apporter un soutien financier et technique aux petits producteurs des pays en développement. Cette demande récurrente depuis quelques années a été réitérée devant les représentants des pays signataires de la Conventions des Nations Unies sur les changements climatiques, réunis à Bonn du 1er au 12 juin 2009, dans le cadre de la préparation du prochain Sommet sur le climat devant se tenir à Copenhague au mois de décembre 2009. C'est la FAO qui a lancé de nouveau un appel dans ce sens à travers une note distribuée aux 4 300 délégués des 191 pays signataires de la Convention. L'organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture rappelle dans cette note que les activités agricoles participent à la fabrication d'émissions à effet de serre dans des proportions atteignant 14 % . En distribuant des intrants respectant les principes d'une agriculture durable et en formant les petits agriculteurs aux pratiques culturales saines et économes en matière de ressources naturelles, la communauté internationale aura fait d'une pierre deux coups : réduire la population sous-alimentée dans le monde et faire des agriculteurs des agents efficaces en matière de lutte contre le réchauffement climatique. Le même message avait été adressé aux autorités danoises par la Fédération internationale des Producteurs agricoles (FIPA) lors d'un congrès tenu sur la même thématique les 26 et 27 mai 2009.


Commerce – 8 juin 2009

Discussions exploratoires entre le Canada et le Maroc sur un accord de libre-échange

Le Canada est le Maroc ont tenu, du 1er au 3 juin 2009, à Ottawa, la seconde session des discussions exploratoires sur la possibilité de négocier un accord de libre échange entre les deux pays. La délégation marocaine, conduite par Youssef Amrani, Secrétaire Général des Affaires Étrangers et de la Coopération, s’est déplacée au Canada, entre autres, pour examiner les moyens de renforcer les relations économiques, notamment à travers l’amélioration des échanges commerciaux, le renforcement des investissements canadiens au Maroc et le développement de la coopération technique entre les deux pays. M. Amrani a rencontré ainsi le vice-ministre de commerce international, Louis Levesque, et le vice-ministre des affaires étrangers canadiens, Leonard J. Edwards.

À l’occasion, M. Amrani a rappelé que le Maroc cherche à renforcer sa situation en tant que plateforme des investissements étrangers grâce à sa position géographique privilégié, à son environnement favorable aux affaires et à son cadre juridique commercial préférentiel. Ainsi, selon lui, un partenariat économique et commercial avec le Canada rénové serait un moyen de suivre cette voie et de pouvoir bénéficier de l’expérience canadienne dans tous les domaines sectoriels. Les deux pays ont déclaré être en train de mener une étude sur l’impact d’un possible accord ainsi que des consultations internes avec les secteurs privés marocain et canadien et l’ensemble d’acteurs concernés.

Les relations économiques et commerciales actuelles sont encadrées par un accord de partenariat signé entre les deux pays en 1996. En 2008, les exportations canadiennes au Maroc ont atteint 305 millions de dollars canadiennes, dont 200 millions sont des exportations de blé. Les importations en provenance du Maroc ont atteint 147 millions pour la même année. En janvier 2009, une délégation canadienne s’était rendue au Maroc pour s’informer sur tous les aspects économiques et sectoriels qui caractérisent l’économie marocainne. Trois mois plus tard, le 16 avril, le ministre canadien de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Commission du Blé, Gerry Ritz, a rencontré à Rabat son homologue marocain, Aziz Akhenouch et le ministre du Commerce extérieur Abdellatif Maâzouz. Les discussions ont porté essentiellement sur les échanges commerciaux entre les deux pays relatifs aux produits agricoles et agro-alimentaires, les moyens de développer les relations commerciales, l’investissement et l’échange d’expériences. Dans toutes ces rencontres, les possibilités de négociation d’un accord de libre échange ont été à l’ordre du jour.



Monde
- 8 juin 2009

 

Les États-Unis et l’Union européenne, responsables de l’insécurité alimentaire mondiale ?

Un rapport présenté le 19 mai 2009 affirme que l’insécurité alimentaire mondiale est due en grande partie aux politiques commerciales et de développement inéquitables, encouragées pendant des décennies par l’Union Européenne et les Etats-Unis. L’analyse, intitulée « Global food responsibility. The European Union and the United States must chart a new path », a été menée par l’Institut américain des politiques agricoles et commerciales (IATP) et le CIDSE, une organisation non gouvernementale basée à Bruxelles issue d’une alliance internationale d’agences de développement catholiques.

Pour les auteurs du rapport, la convergence d’une triple crise (alimentaire, économique et climatique) remet en question la viabilité des modèles de production alimentaire et de consommation existants. Ces modèles caducs seraient le résultat d’une série d’erreurs politiques qui ont posé les bases d’un système alimentaire mondial extrêmement vulnérable, notamment la négligence de la question agricole, l’établissement d’accords commerciaux bilatéraux et régionaux inéquitables en faveur des pays du Nord, des politiques d’ajustement économique peu judicieuses et la spéculation, entre autres. Selon le rapport, les États-Unis et l’UE se seraient ainsi servis de leur pouvoir de contrôle dans les institutions de Bretton Woods (Banque Mondiale et FMI) pour faire progresser certaines politiques dans leur propre intérêt.

En conséquence, les auteurs du rapport appellent les Etats-Unis et l'UE à appuyer, plutôt que de bloquer, la mise en place d’un nouveau modèle mondiale pour l’alimentation et l’agriculture. Le document formule une série de recommandations et de pistes de ce qui devrait être ce nouveau modèle. D’abord la fondation d’un partenariat mondial pour l'agriculture et la sécurité alimentaire qui renforce les institutions des Nations Unies, mais qui implique également les acteurs non étatiques. Ensuite, l’augmentation substantielle de l'aide à l'agriculture, en conformité avec le droit à l'alimentation. Par ailleurs, la promotion et la reconnaissance du rôle multifonctionnel de l’agriculture. Aussi l’établissement des mesures visant à atténuer la volatilité des prix, comme la fixation de réserves des denrées alimentaires ainsi que la limitation de la spéculation. Enfin, un changement des politiques commerciales, qui ne cherchent plus seulement un accès aux marchés pour les industries agroalimentaires européennes et américaines.


 

Tunisie – 8 juin 2009

Un prêt octroyé par la Banque mondiale à la Tunisie pour l'exploitation rationnelle des ressources hydrauliques

La Banque mondiale vient d'accorder à la Tunisie un prêt de 30,6 millions dollars américains pour appuyer les investissements dans le secteur de l'eau. Ce crédit approuvé le 19 mai 2009 par le Conseil d'administration de la Banque vise notamment l'exploitation des aménagements hydro-agricoles publics et l'amélioration de l'approvisionnement de certaines zones rurales en eau potable. Il servira également à accroître la qualité et la disponibilité des données techniques relatives à une gestion rationnelle des ressources en eau. Il s'inscrit dans un projet global visant une gestion intégrée des ressources hydrauliques de plus en plus rares dans le pays. Le coût de celui-ci, co-financé essentiellement par la Banque africaine de développement (BAD) et l'Agence française de développement (AFD), est estimé à 163 millions de dollars US.

Compte tenu de la baisse des ressources hydrauliques d'un côté, et de l'augmentation de la demande d'un autre côté, la Tunisie avait mis en place un vaste programme de soutien au secteur de l'eau étalé sur dix ans (2001-2011), privilégiant une approche intégrée de la gestion et la préservation de l'eau et répondant aux critères de la durabilité.



Syrie – 8 juin 2009

Le réchauffement climatique affecte durement le monde rural en Syrie

La Syrie, où le secteur agricole représente 23 % du PIB et emploie 30 % de la population active, est durement affectée par le réchauffement climatique qui se traduit, de plus en plus, par une baisse drastique des ressources en eau. La sécheresse, l'une des conséquences de ce phénomène, a obligé, au cours des deux dernière années, les habitants d'environ 160 villages situés au Nord du pays à abandonner leurs activités agricoles. Ce constat est le fruit d'une étude menée par l'Institut international du Développement durable (IIDD), un organisme indépendant basé au Canada. Les auteurs de l'étude s'inquiètent des conséquences nombreuses du réchauffement climatiques sur l'avenir du monde agricole et rural en Syrie : baisse des réserves hydrauliques, montée de l'insécurité alimentaire, accélération de l'exode rural et aggravation de pauvreté.

Les auteurs de l'étude estiment, en outre, qu'une autre politique publique devrait être menée en Syrie, à l'avenir, pour s'accommoder des effets du changement climatique, tout particulièrement dans les contrées rurales. Cela doit se manifester, insistent-ils, par l'arrêt de certaines pratiques endogènes ayant contribué en grande partie à la dégradation des sols, un autre phénomène corollaire du réchauffement climatique dans les régions arides et semi-arides situées au Sud et à l'Est de la Méditerranée. C'est le cas en Syrie, en tout cas, du surpâturage, de l'irrigation non maîtrisée, de l'expansion urbaine aux dépens des terres agricoles et de la déforestation.



France – 6 juin 2009

2008 : une année prometteuse pour le devenir de l'agriculture biologique

La France qui était jusqu'ici l'un des plus mauvais élèves des pays membres de l'Union européenne dans le domaine de l'agriculture biologique est en train d'accomplir bien des progrès en la matière. En témoigne l'état des lieux des superficies consacrées à cette activité, du nombre des exploitations créées en 2008 et la manière dont se comportent les consommateurs avec les produits issus de l'agriculture biologique. Selon Elisabeth Mercier, Directrice de l'Agence Bio fondée en 2001 pour structurer le secteur, la superficie des terres utilisées au cours de 2008 par des producteurs spécialisés ou convertis dans ce type d'agriculture a atteint 2,12 % des terres agricoles françaises. Au cours de la même année, le nombre d'exploitations agricoles engagées dans les produits bio a augmenté de 11 % par rapport à 2007. Avec 13 298 exploitations établies sur 580 000 hectares, «nous estimons que le virage est pris et et que nous sommes entrés dans une phase de décollage », a précisé Mme Mercier, lors d'une conférence de presse donnée à Paris. Et d'ajouter que ce frémissement s'est poursuivi au cours de 2009 puisque 1 320 producteurs se sont lancés dans l'agriculture biologique au cours de la période allant de janvier à mars derniers. En ce qui concerne le marché du bio en France, il a progressé en 2008 dans des proportions atteignant 25 % par rapport à 2007 avec un chiffre d'affaires de 2,6 milliards d'euros.

Mais autant l'engouement des consommateurs pour ces produits n'a cessé de croître, autant la France demeure dépendante des importations pour répondre à leurs besoins, s'agissant particulièrement des fruits, des légumes et des surgelés (60 %) et des jus de fruits (70 %). Il est donc urgent d'atténuer ces dépendances, a conclu Mme Mercier, et de ne pas oublier que cela est possible grâce, entre autres, à un objectif retenu par le Grenelle de l'Environnement, à savoir tripler les surfaces agricoles réservées à l'agriculture biologique d'ici 2012.



Europe – 5 juin 2009

Une question complexe : définir des zones dédiées aux cultures OGM

Le débat sur l'avenir des cultures génétiquement modifiées (OGM) continue de faire rage dans les pays membres de l'Union européenne d'autant plus que six pays ont déclenché une clause de sauvegarde suspendant la culture du maïs MON810, le seul autorisé jusqu'ici en Europe. Des scientifiques, des décideurs politiques et certains producteurs pensent aujourd'hui qu'en maintenant cette clause, les pays européens seront lésés sur le marché international des produits agricoles face à beaucoup de pays qui se sont lancés depuis longtemps dans les cultures OGM, notamment sur le continent américain. D'autres, au contraire, estiment que le principe de précaution devrait être respecté en attendant les résultats des recherches menées sur les effets des produits issus de OGM sur la santé de l'homme, de la faune et de la flore.

Or, d'après une étude internationale portant sur certains aspects de cette question et dont les conclusions ont été présentées à Paris le 2 juin 2009, il est vraiment difficile à l'heure actuelle de garantir une « coexistence pacifique » entre cultures conventionnelles et cultures OGM. « Au vu des techniques et des systèmes d'information disponibles, la coexistence en Europe, où la taille des champs est en moyenne relativement faible, ne serait possible qu'en employant de grandes distances d'isolement ou dans des zones dédiées de production, que celles-ci soient OGM ou non OGM », concluent les auteurs de l'étude entreprise dans 18 pays membres de l'UE, mais aussi au Brésil, en Argentine et en Russie.



Espagne – 5 juin 2009

Campagne pour la promotion de la Diète méditerranéenne

Alors que la décision de l’Unesco concernant la proposition d’inscrire la Diète méditerranéenne au Patrimoine culturel immatériel de l’Humanité devrait être connue en septembre 2009, l’Espagne profite de toutes les occasions pour défendre cette candidature, présentée conjointement avec l’Italie, la Grèce et le Maroc.

Le 26 mai 2009, à Rome, lors de la journée en défense de la Candidature de la Diète Méditerranéenne célébrée par le Sénat italien, la ministre espagnole de l’environnement et du milieu rural et marin (MARM), Elena Espinosa, a ainsi fait un important discours devant les sénateurs. La ministre a notamment souligné que la Diète méditerranéenne constituait un patrimoine culturel partagé entre l’Italie et l’Espagne. Elle a insisté sur le fait que le mot « diète » vient du mot grec « diaita », dont la signification précise est « style de vie ». Cette diète n’est donc pas seulement un inventaire d’aliments, mais une manière de vivre, un patrimoine culturel méditerranéen et donc une vitrine de l’identité méditerranéenne.

D’autre part, le Ministère espagnol MARM a organisé, le 27 mai 2009, à Madrid, un atelier pour des journalistes sur la Candidature de la Diète Méditerranéenne, où ont été exposées les origines historiques et les caractéristiques gastronomiques de la Diète. Ainsi, a-t-on appris que les aliments qui prédominent dans la Diète Méditerranéenne sont les céréales, le pain, les pâtes, les légumes, les légumes secs, les fruits et les fruits secs, ainsi que l’huile d’olive. Cette diète se caractérise aussi par une consommation modérée de poisson, de fruits de mer, de volaille, de produits laitiers et d'œufs, ainsi que la consommation de petites quantités de viande rouge et un apport journalier de vin pendant les repas. Les intervenants de l’atelier ont remarqué principalement que celle-ci est une diète équilibrée, variée, complète, saine et donc fondamentale dans le panorama gastronomique mondial. D’autre part, Francisco Monbiela, directeur général des Industries et Marchés alimentaires, qui participait à cet atelier, a souligné que la Diète avait besoin d’être protégée puisque on est en train de la perdre dans les pratiques alimentaires à l’œuvre dans la plupart des pays du pourtour méditerranéen. Il a mis comme exemple la situation alimentaire des enfants en Europe, où on compte déjà 22 millions d’enfants en surpoids et 5 millions en situation d’obésité. Dans ce sens, le MARM à présenté, le 3 juin 2009, le Plan national de la consommation de fruits et légumes dans les écoles. Ce plan, destiné essentiellement à la lutte contre les problèmes d'obésité (un enfant sur quatre souffrirait de cette pathologie en Espagne selon Mme Trinidad Jiménez, Ministre espagnole de la santé), vise à encourager la consommation de fruits et de légumes parmi la population infantile, en baisse ces dernières années. En effet, la consommation de fruits et légumes en Espagne, pendant 2008, a été de 156,4 Kg par an et par personne, se situant derrière des pays comme la Grèce, l’Allemagne, l’Italie, l’Autriche et la France. Les études montrent que dans les ménages avec des enfants, la consommation de fruits et légumes est inférieure à celle observée dans les ménages où il n’y a pas d’enfants. Ce Plan s’inscrit également, comme l’a souligné la ministre, dans une initiative de grande ampleur à niveau européen consistant à stimuler la compétitivité du secteur des fruits et légumes à travers, entre autres, la promotion de la consommation de ces produits parmi la population.



Monde – 4 juin 2009

Risques et opportunités dans l’acquisition des terres agricoles en Afrique

L’Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a présenté le 25 mai 2009 une étude intitulée « Accaparement de terres ou opportunités de développement ? Investissements fonciers internationaux en Afrique », premier rapport détaillé sur les achats des terres à grande échelle en Afrique. L’étude a été menée par l’Institut International pour l'Environnement et le Développement (IIED, Londres) en collaboration avec la FAO et le Fonds International pour le Développement Agricole (FIDA). Elle se base sur des recherches sur huit pays africains qui ont connu une croissance considérable de ce type de transactions depuis 5 ans (Ethiopie, Ghana, Mali, Kenya, Madagascar, Mozambique, Soudan et Zambie).

À travers une analyse des caractéristiques de ces transactions internationales, le rapport essaye de revenir sur les préjugés qui ont proliféré sur la transaction des terres, ces dernières années. Les auteurs soulignent que le phénomène est très varié et donc que les affirmations générales sur la « spoliation de terres » peuvent être trompeuses. Il en sort que, même si les investisseurs internationaux privés sont majoritaires, les investisseurs nationaux sont aussi présents ainsi que certains gouvernements, souvent de façon indirecte, pour soutenir les transactions des entreprises. Les motivations pour les acquéreurs vont de la recherche d’une meilleure sécurité alimentaire ou énergétique, à des opportunités de profit ou à la demande de matières premières pour l’industrie. L’étude estime que ces négociations internationales peuvent entraîner des effets positifs (débouchés garantis, création d’emplois, construction d’infrastructures ou hausse de la productivité agricole) à condition qu’elles se fassent de manière transparente et qu’il existe un contrôle public pour maximiser l’intérêt public. Ainsi, les auteurs mettent en garde sur les risques d’une mauvaise gestion des transactions qui pourrait entraîner l’exclusion des populations locales des négociations et la perte de leur droit sur les terres et les ressources naturelles. Le rapport recommande donc avec insistance de faire impliquer les populations locales rurales dans les négociations avec les investisseurs privés, de les assister juridiquement et de faire en sorte que les autorités nationales de leur pays garantissent leurs droits.

Selon la FAO, ce rapport constitue une première étape d’un processus à long terme d’établissement des directives pour la bonne gouvernance foncière et des règles pour ces investissements internationaux, sous une approche qui doit inclure les dimensions environnementales et sociales.



Espagne- 3 juin 2009

Des bons résultats pour l’industrie alimentaire en 2008 malgré la crise

L’industrie agro-alimentaires (IAA) espagnole a vu ses ventes s’accroître de 1,4 % en 2008 pour atteindre 83 milliards d’euros, selon le Rapport économique 2008 de la FIAB (Fédération espagnole des Industries alimentaires et boissons), présenté le 28 mai 2009. Les IAA se sont ainsi consolidés comme le premier secteur manufacturier du pays et comme un moteur du développement économique et social, représentant 17 % du PIB industriel et 7 % du PIB national. Les données pour 2008 ont été également positives en termes d’emploi et de commerce extérieur. À la différence du reste du secteur industriel, l’industrie agro-alimentaire emploi ainsi 502 150 personnes (soit 3 % de plus que l’année précédente). Au total, 17 % de l’emploi industriel est concentré dans le secteur alimentaire et des boissons, et celui-ci représente 2,4 % de l’emploi total en Espagne. En ce qui concerne le commerce extérieur, les exportations ont augmenté de 9,6 % par rapport à 2007 et les importations ont noté une hausse de 6,9 %. Enfin, il faut également souligner que les investissements étrangers dans l’industrie agro-alimentaire ont augmenté de 28 %.

Il faut par ailleurs noter que le ministère de l’agriculture espagnol (MARM) et la FIAB ont signé, en février 2009, une convention pour développer la modernisation et l’innovation dans le secteur et pour relancer des centres technologiques. L’accord comporte trois axes principaux : promotion de la qualité de produits, amélioration de la compétitivité et meilleure position des produits espagnols au niveau international.

Cependant, dans les premiers mois de l’année 2009, quelques entreprises ont commencé à ressentir les effets de la crise économique globale, spécialement celles liées au secteur de l’hôtellerie. De plus, les exportations de fruits et légumes espagnoles ont diminué dans les premiers mois de 2009, selon les estimations de la Fédération espagnole des exportateurs de fruits et légumes (FEPEX). Le secteur pourrait donc sentir les effets de la crise économique de manière accrue en 2009. Dans un tel contexte, le secteur espagnol des fruits et légumes a montré ces derniers mois des signes d’inquiétude face à la croissante importation de fruits et légumes en provenance des pays comme le Maroc. Les professionnels du secteur ont montré leur opposition aux négociations, en cours entre l’UE et le Maroc, de révision du volet agricole de l’Accord d’association, qui devrait ouvrir un peu plus le marché communautaire aux exportations marocaines.



Agriculture – 3 juin 2009

L'Union Européenne prête à aider ses producteurs d'huile d'olive pour éviter la chute des prix

La Commission européenne lancera au mois de juin 2009 une adjudication ouverte aux producteurs d'huile d'olive dans les pays membres de l'Union européenne. Il s'agit d'une action visant à accorder des subventions permettant d'augmenter les capacités de stockage de la production pour empêcher la chute des prix. Il faut dire que le marché de l'huile d'olive est en proie à des perturbations depuis quelques années et que la tendance à la baisse inquiète depuis plusieurs mois les producteurs européens.

Les experts nationaux des pays membres de l'UE sont donc en train d'étudier la proposition de la Commission qui concerne une quantité allant jusqu'à 110 000 tonnes pour une durée de 180 jours. Mais autant les opérateurs européens se félicitent de cette démarche, autant ils considèrent qu'elle demeure à la fois trop timide et insuffisante pour résoudre le problème. C'est la raison pour laquelle ils demandent que les stockages couvrent des périodes d'un an, avec des révisions périodiques tous les deux ans, afin de leur donner plus de flexibilité. Ils estiment, en outre, que le stockage constitue une mesure transitoire en attendant de mettre sur pied une vraie stratégie globale en la matière.

Rappelons que l'Union européenne est le premier producteur d'huile d'olive dans le monde (80 % de la production) et que l'extension des champs d'oliviers en dehors de la Méditerranée influera à terme, à coup sûr, la production et la consommation de l'huile d'olive dans cette zone.



Climat – 2 juin 2009

Les agriculteurs disposés à contribuer efficacement à lutte contre l'effet de serre

Les agriculteurs du monde entier ont eu l'occasion de s'exprimer à travers leurs représentants vis-à-vis de leur contribution à la lutte contre les gaz à effet de serre. C'est en effet à Copenhague que plus de 200 délégués de la Fédération internationale des Producteurs agricoles (FIPA) se sont réunis, les 26 et 27 mai 2009, dans le cadre d'une conférence intitulée « changement climatique et solutions des agriculteurs » et organisée conjointement avec le Conseil danois de l'Agriculture.

Dans leurs recommandations, les agriculteurs se disent prêts à apporter une contribution à la lutte contre le réchauffement climatique. Mais ils insistent surtout sur la nécessité de mettre sur pied un système international de financement qui puisse les aider à adopter des pratiques culturales durables et à s'accommoder des effets du changement climatique. Les participants à la conférence demandent aussi qu'une attention particulière soit accordée aux petits producteurs dans les pays en développement, lesquels risquent de tout perdre à cause de ces effets. Les aides devant être apportées aux petits producteurs agricoles dans les pays pauvres feront d'ailleurs l'objet d'un traitement spécial lors du sommet sur le climat qui se tiendra à Copenhague du 7 au 18 décembre prochain et qui devrait en principe aboutir à un accord sur les émissions polluantes pour la période post-2012, après l'expiration du protocole de Kyoto. Il convient de rappeler sur ce dossier que les activités agricoles seraient responsables actuellement d'environ 14 % des émissions de gaz à effet de serre dans la planète.


Environnement – 2 juin 2009

De plus en plus de maladies animales émergentes à cause du réchauffement climatique

Le réchauffement climatique est responsable de l'émergence et de la réémergence de maladies animales dont certaines sont transmissibles à l'homme. Telle est la principale conclusion d'une étude menée par l'Organisation mondiale de la Santé animale (OIE), en marge des travaux de sa 77ème assemblée générale tenue à Paris au mois de mai 2009. Celles, plus citées que d'autres par 126 des 174 pays membres de cette organisation ayant participé à l'étude, sont la fièvre de la Vallée du Rift, le virus du Nil occidental et la peste équine. En rendant compte des résultats de l'étude, Bernard Vallat Directeur Général de l'OIE, a précisé que 71 % des pays ayant collaboré à ce travail avaient fait part de leur inquiétude quant à l'impact du réchauffement climatique sur la santé animale. Il a ajouté que de plus en plus de pays attribuaient « au changement climatique l'apparition d'au moins une maladie émergente ou réémergente, sévissant ou ayant sévi sur leur territoire ».

D'autres études menées auparavant par l'OIE ont montré l'existence d'une corrélation entre l'intensification des échanges commerciaux licites et parfois illicites (vente d'animaux sauvages par exemple) d'une part, et l'apparition de telles maladies dans des espaces nouveaux, d'autre part. L'étude portant sur les effets du changement climatique et la santé animale va dans le même sens. En témoigne la liste de plus en plus longue de maladies animales qui traversent facilement les pays et les continents. C'est, entre autres, le cas de la maladie de la langue bleue qui sévit durement en Europe du Nord.

Comment faire pour endiguer ces maladies ? L'étude propose plusieurs pistes dont tout particulièrement le renforcement de la coopération entre le Groupe intergouvernemental sur l'Evolution du Climat (GIEC) et les organisations internationales compétentes en la matière, c'est à dire l'OIE, la FAO et l'OMS. Dans le domaine de la recherche, il faudrait déployer des efforts supplémentaires pour arriver à prévoir certaines maladies émergentes et mettre au point un système d'élevage n'ayant pas les inconvénients des deux systèmes actuels. L'élevage extensif contribue, en effet, de manière sérieuse à la fabrication de gaz à effet de serre. Quant au renforcement de l'élevage intensif, il accroît les possibilités d'extension des maladies animales émergentes et réémergentes à cause d'une « plus grande promiscuité entre animaux, mais aussi à cause d'une moins grande diversité génétique entre individus », rappelle Peter Black, coordinateur de l'étude.



 

 

 

 

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