
Eau
– 31 mai 2009
Sécheresse
en Mésopotamie, retour de l'hydro-diplomatie
La
sécheresse sévit en Mésopotamie et les pays en aval de l'Euphrate,
l'Irak et la Syrie, viennent de démarcher la Turquie pour qu'elle
laisse passer davantage de volumes d'eau. Avec la raréfaction
importante des précipitations depuis deux ans, les récoltes de blé
en Syrie ont ainsi été divisées de moitié en 2008, ce pays devant
alors annuler les contrats d'exportation. Pire que cela, la Syrie a
même dû importer du blé pour la première fois depuis de
nombreuses années. Pour un pays très agricole, cette crise a des
répercussions très graves. En particulier dans les régions du
nord-est du pays, l'ONU vient de caractériser la crise de « pire
période de sécheresse de ces quatres décennies » en appelant
à une levée de fonds de 20 millions de dollars pour soutenir les
éleveurs et agriculteurs en grande difficulté. Il semble que la
sécheresse ait accéléré l'exode de ces populations vers les
villes, surtout à Damas. Cette sécheresse intervient après que le
gouvernement a décidé une augmentation des prix des combustibles et
la libéralisation des prix des engrais. Face à l'ampleur de la
crise, la présidence vient de promulguer un décret permettant
l'allongement de la durée des emprunts. De son côté, le
gouvernement a annoncé le versement d'un milliard de livres
syriennes au Fonds de soutien à l'agriculture. Enfin, Damas a
demandé à Ankara l'accroissement du débit à la frontière
syrienne.
En Irak, la situation semble également très défavorable, le ministre irakien des Ressources hydrauliques ayant averti le 24 mai de l'imminence d'une crise affectant les agriculteurs de son pays. Dans la province de Nadjaf déjà peu épargnée par la guerre, les agriculteurs se sont vu interdire l'ensemencement des rizières. Par ailleurs, à l'instar de Damas, Bagdad a également demandé à Ankara de libérer davantage d'eau que ce qui est prévu dans l'accord de 1987.
Selon cet accord, la Turquie doit assurer un débit de 500 mètres cubes d'eau par seconde. Par ailleurs, Syriens et Irakiens avaient signé un accord en 1989 qui prévoyait un partage de ce débit dans les proportions de 42 % pour les premiers et de 58 % pour les seconds. En réponse à ces demandes, la Turquie a répondu le 29 mai par la bouche de son ministre des Affaires étrangères, Ahmad Davutoglu, que le débit passera à 600 mètres cubes/seconde « dans les jours à venir », ce qui est inférieur à la demande irakienne d'un débit de 700 mètres cubes/seconde. Mais l'Irak semble trop affaibli pour obtenir gain de cause.
Monde – 26 mai 2009
Des fermes verticales urbaines comme piste à long terme pour la sécurité alimentaire ?
Une ferme verticale est, en terme général, une tour ou structure verticale où l'on cultive des quantités significatives de produits alimentaires de manière à produire plus sur une emprise de sol réduite. Cette idée de base, développée à l’origine par le professeur américain Dickson Despommier, a entraîné la prolifération des recherches sur le sujet de la part d’architectes, biologistes et agronomes. La plupart des projets présentés jusqu'ici portent sur des fermes de très haute technologie, sorte de micro-écosystèmes autosuffisants, placées à l’intérieur des villes. Autonomes en énergie grâce à des panneaux photovoltaïques et des éoliennes, ces fermes incorporeraient des systèmes de recyclage d’eaux usées et de déchets organiques solides. Il s’agit d’une nouvelle conception de l’agriculture, qui essaye de répondre aux problèmes mondiaux croissants en termes de disponibilité de terres arables et à la nécessité de multiplier la production alimentaire face à aux contraintes structurelles qui se renforcent. Les fermes verticales emploieraient la culture hydroponique pour leurs productions, une technique permettant de cultiver en intérieur en remplaçant le sol par une solution liquide contenant des minéraux naturels. Celle-ci permet d'accélérer le processus de maturation des fruits et légumes, et donc d'obtenir plusieurs récoltes par an. La culture sous serre et hors sol est déjà une méthode employée par les agriculteurs.
Par ailleurs, les fermes verticales urbaines se veulent une solution plus écologique car elles permettraient d'approvisionner directement les villes et ainsi réduire au maximum le transport des fruits et légumes et les émissions de CO2. De plus c’est une agriculture indépendante des saisons et des aléas climatiques. À titre d’exemple, Dickson Despommier et Eric Ellingsen ont imaginé, en 1999, une ferme verticale en forme de pyramide de verre. Les français Pierre Sartoux et Augustin Rosenstiehl de l’atelier SOA architectes ont présenté, en 2005, une « Tour vivante » qui réunit agriculture, logements et bureaux, une solution qui se veut plus rentable économiquement. Les nord-américains Andrew Kranis, Blake Kurasek et Chris Jacobs, ainsi que le canadien Gordon Graff ou le belge Vincent Callebaut, ont imaginé différentes modèles des fermes verticales, dont la teneur en innovation est surprenante. Cependant, le concept a reçu également des critiques, notamment de type économique, car ces techniques de haute technologie semblent très coûteuses à développer industriellement. En outre, il n’est pas prouvé que produire « verticalement » soit réellement plus écologique.
Pour le moment, les fermes verticales ne sont donc qu’un projet futuriste mais qu’il convient d’observer sans doute attentivement quand il s’agit de penser à long terme les voies et moyens pour assurer une plus grande sécurité alimentaire mondiale.
Europe
– 25 mai 2009
Les ministres de l’agriculture de l’UE abordent la crise du secteur laitier
Le lundi 25 mai 2009, s’est tenu à Bruxelles un Conseil des ministres de l’agriculture des pays membres où, notamment, on a mis sur la table la nécessité de prévoir des mesures de soutien additionnelles au secteur laitier européen face à la crise que celui ci traverse. En effet, cela fait plusieurs semaines que les protestations et les blocages nationaux organisés par les syndicats du secteur du lait, se succèdent un peu partout en Europe. Les manifestants se disent confrontés à un effondrement trop important des prix (les prix du lait ont baissé de 30 % par rapport à avril 2009). Les organisations de producteurs français estiment que la baisse des prix résulte de marchés mondiaux très bas et du manque de régulation européen. L’European Milk Board (EMB), syndicat européen des producteurs de lait, réclame une réduction des quotas de 5 % pour faire remonter les prix et la réintroduction d’une régulation flexible de la production. Dans ce sens, la France, l’Allemagne et l’Autriche, les plus grands pays producteurs de lait, ont présenté à Bruxelles une liste de pétitions pour aider le secteur et ont demandé d’élaborer le plus rapidement possible le premier rapport d’étape de la filière laitière à niveau européen. Les pays veulent, entre autres, que l’Europe assure la compétitivité des produits laitiers communautaires à l’exportation par l’octroi de restitutions à un juste niveau. D’autres États, comme l’Espagne ou l’Italie, sont quand à eux défavorables à un maintien des quotas puisque leur production est encore inférieure à leur demande intérieure ; ils demandent ainsi plus de mesures européennes d’appui au secteur laitier.
À l’issue de la réunion, la Commissaire européenne à l’Agriculture et au Développement rural, Mariann Fischer Boel, a annoncé des mesures ciblées de soutien aux producteurs, dont le versement anticipé des subventions européennes pour alléger leurs difficultés financières (les producteurs laitiers pourront recevoir jusqu’à 70 % de leurs aides à la production pour 2010, dès octobre 2009). En revanche, elle a exprimé le refus de la Commission d’annuler la surpression des quotas. Selon Mariann Fischer Boel, la chute des prix n’est pas due à l’augmentation des quotas (car « en 2008 la production dans l’UE a diminué malgré la hausse des quotas ») : elle est au contraire la conséquence d’une demande de lait plus faible.
Pour rappel, depuis 2007 ans les quotas laitiers augmentent de 1 % chaque année et il est actuellement prévu de faire disparaître le mécanisme en 2015 dans le cadre de la révision à moyen terme de la Politique agricole commune.
Coopération – 25 mai 2009
Accord de coopération entre professionnels agricoles italiens et tunisiens
Le 5 mai 2009, un accord a été signé à Tunis entre MM. Mabrouk Bahri, président de l’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche (UTAP) et Giuseppe Politi, président de la Confédération italienne des agriculteurs (CIA), afin de renforcer la coopération entre les professionnels agricoles des deux pays.
L’objectif est de dynamiser les liens entre les deux organisations, notamment dans le domaine de la formation, de la divulgation de la recherche scientifique et de l’utilisation des nouvelles techniques de production agricole. L’accord vise aussi le partage d’expériences en matière de certification, traçabilité et sécurité alimentaire, ainsi que l’intensification des relations économiques entre les promoteurs tunisiens et leurs homologues italiens (production, transformation et commercialisation des produits agricoles). Dans ce sens, il a été créé un comité mixte italo-tunisien de suivi formé par des représentants des deux organisations pour développer un programme spécifique de partenariat dans les domaines de l’huile d’olive, les pommes de terre et les fruits et légumes. L’accord prévoit, entre autres, une plus étroite concertation sur le plan international. Il se veut un exemple pour la construction d'un partenariat agricole euro-méditerranéen dans le cadre du projet « Union pour la Méditerranée ».
Lors de sa visite en Tunisie, Giuseppe Politi, président de la CIA et du Comité méditerranéen relevant de la Fédération internationale des producteurs agricoles, a rencontré aussi le ministre tunisien de l’agriculture et des ressources hydrauliques ainsi que des représentants tunisiens du monde économique, bancaire, agricole et coopératif. Les principaux sujets discutés ont été les secteurs de l’huile d’olive, des fruits et légumes, la culture de la vigne et le développement rural. L’Italie est le deuxième partenaire commercial de la Tunisie après la France. En 2008 les exportations agricoles italiennes vers la Tunisie ont atteint 101 millions d’euros tandis que les importations étaient de l’ordre de 35 millions d’euros.
Environnement
– 25 mai 2009
La France, pionnière pour combattre en amont les feux de forêt via des lamas
Par le passé, Christophe Colomb a ramené du Continent américain en Europe de nombreuses espèces animales et végétales. Grâce à lui, la dinde et la tomate par exemple font partie des habitudes culinaires des Méditerranéens. Mais certains spécialistes de la lutte contre les feux de forêts dans la zone méditerranéenne regrettent aujourd'hui que l’explorateur n'ait pas embarqué avec lui, sur le chemin du retour vers le vieux continent, des lamas. En effet, ces animaux s'avèrent des auxiliaires efficaces pour la prévention des incendies de forêt qui représentent l’un des enjeux estivaux les plus cruciaux chaque année dans les zones du pourtour méditerranéen. Ainsi, l'armée française teste depuis 1993 les capacités de ce camélidé domestique d'Amérique du sud à débroussailler ses bases situées dans des espaces boisés, notamment dans les zones menacées de manière fréquente par les feux de forêts. Elle en est tellement satisfaite qu'elle achète de plus en plus de lamas auprès des fermes d'élevage spécialisées situées en France. La base aérienne d'Avord (Cher) vient d'ailleurs d'en acquérir cinq pour nettoyer ses coins inaccessibles aux machines dédiées à ce genre de travail.
Des forestiers ont pu vérifier à travers des expériences menées notamment en Provence le travail soigneux et écologique entrepris par les lamas pour prévenir le débroussaillement des feux de forêts. A la différence des chèvres, ces « chameaux sans bosse » se nourrissent de broussailles sans abîmer les arbres et ont d'autres avantages par rapport aux moyens de prévention et de lutte classiques contre les feux de forêt. Le lama vit, en effet, entre 15 et 20 ans. En outre, il ne coûte qu'environ 1 500 euros contre 16 000 euros pour une heure de travail d'un bombardier d'eau du type « Canadair ».
Maroc
– 20 mai 2009
Le Haut Commissariat au Plan réalise une étude consacrée aux classes moyennes
Le Haut Commissariat au Plan (HCP), l’organe marocain chargé de la planification économique, a présenté entre le 6 et le 19 mai 2009 une étude intitulée « Les classes moyennes marocaines, caractéristiques, évolution et facteurs d’élargissement ». Celle-ci a été élaborée à partir de « l’enquête sur les revenus et les niveaux de vie 2007 ». Selon le HCP, l’objectif est de mettre à la disposition des pouvoirs publics et des chercheurs un outil de travail adéquat afin de pouvoir instaurer une nouvelle politique de répartition de revenus, plus adaptée aux réalités émergentes et favorables aux classes moyennes. Il s’agit de la première enquête de ce type réalisée au Maroc.
La première phase de l'étude présente les questions méthodologiques et certains aspects démographiques et socio-économiques des classes moyennes marocaines (l'étude considère comme classes moyennes les ménages se trouvant dans une borne inférieure à 0,75 fois la médiane des revenus et une borne supérieure fixée à 2,5 fois la médiane). Selon cette approche, les classes moyennes au Maroc regroupent 53 % de la population, soit 16,3 millions de personnes, dont 63 % habite en milieu urbain. En effet, la proportion des classes moyennes est plus importante dans les régions les plus urbanisées, comme la région de Casablanca. De plus, le revenu moyen par ménage et par mois des classes moyennes diffère légèrement entre milieu urbain (4402 DH soit 392 €) et milieu rural (4219 DH soit 376 €). Globalement, les dépenses de consommation en alimentation et habitat des classes moyennes représentent près des 2/3, contre trois quart pour la classe moins favorisée et moins de la moitié pour les classes aisées. Leurs préoccupations majeures sont les aléas liés au coût de la vie, au niveau des revenus et à la sécheresse, suivis de l’insécurité, la morbidité, l’abandon scolaire et le chômage de jeunes. Parmi la population rurale, 45 % appartiennent aux classes moyennes (contre 59 % des populations urbaines). En milieu rural, la moitié des ouvriers agricoles appartiennent ainsi aux classes moyennes tandis que l’autre moitié ferait partie des classes les plus défavorisées. Pour les exploitants agricoles, 40 % sont de classe moyenne et 53 % classe défavorisée.
Une deuxième phase de l'étude est consacrée à l’évolution des classes moyennes entre 1985 et 2007. Il ressort que depuis 2001, leur poids démographique a augmenté et leur niveau de vie s'est amélioré, après une longue période de détérioration entre 1985 et 2001. Cependant, cette amélioration a été moins importante que celle enregistrée par les classes aisées et celles modestes, qui ont davantage bénéficié de la croissance économique et des politiques de lutte contre la pauvreté respectivement. Par ailleurs, les classes moyennes semblent adopter une stratégie visant une meilleure qualité de vie, qui se traduit par de nouveaux comportements sociodémographiques : diminution de la fécondité, plus grande scolarisation et alphabétisation, orientation de l'emploi vers le secteur tertiaire, urbanisation ainsi qu’un plus grand accès aux biens d'équipement durables (bien que seuls 5 % des classes moyennes possèdent un ordinateur). En revanche l'accès à la santé et à l'emploi des classes moyennes demeure faible. Le taux de couverture médico-sanitaire est de 17 % tandis que le taux de chômage a même progressé (31,9 % en 2007 contre 23,5% en 2001). Enfin, l'emploi rémunéré des classes moyennes a augmenté, entre 2001 et 2007, de 92 % à 95,5 % en milieu urbain et de 51,6 % à 55,5 % en milieu rural.
Globalement, cette étude montre que la croissance économique seule est insuffisante pour réduire les inégalités. Ainsi, une politique publique spécifique en faveur des classes moyennes s'avère nécessaire. Les auteurs de l'étude ont créé dans ce sens un outil d'évaluation de l'impact de toute politique publique économique (fiscale, budgétaire, commerciale, d'investissement, etc.) sur la pauvreté et les inégalités pour le mettre à disposition du gouvernement.
Europe – 13 mai 2009
Quelles priorités agricoles et environnementales pour l’Espagne et la Hongrie en 2010-2011 ?
Le 11 mai 2009, se sont tenues diverses réunions à Budapest (Hongrie) entre fonctionnaires hongrois et espagnols afin de travailler sur le programme commun de la présidence tripartite de l’Union européenne (UE) que les deux pays assureront avec la Belgique entre janvier 2010 et juin 2011. Pour rappel, depuis janvier 2007, il a été mis en place un système de « présidence trio » de 18 mois, par lequel les pays concernés élaborent un programme commun et coopèrent entre eux pour assurer la continuité des affaires. L’Espagne pendra la Présidence en janvier 2010, puis ce sera la Belgique en juillet 2010 et la Hongrie en janvier 2011. La réunion de Budapest est la troisième qui se tient entre ces pays depuis un an. L’adoption du programme final des 18 prochains mois sera effectuée lors du sommet du Conseil européen de décembre 2009. En parallèle, chaque pays devra définir les lignes directrices de sa propre présidence.
Les échanges à Budapest ont permis notamment d’analyser les priorités des deux pays en matière d’agriculture, de pêche et d’environnement. La ministre espagnole de l’environnement et du milieu rural et marin, Elena Espinosa, et le ministre de l’agriculture hongrois, Jozsef Graf, se sont accordés sur la nécessité de maintenir la Politique Agricole Commune (PAC) au delà de 2013 car elle est considérée comme une politique essentielle pour l’Europe, en particulier pour les pays où les populations rurales restent importantes et où les risques environnementaux s’amplifient. Autre point traité : la nécessité de développer la diversification, la qualité et la spécificité des produits agroalimentaires. Pour ce qui est de l’environnement, les priorités sont la poursuite de la lutte contre le changement climatique et la définition de stratégies d’adaptation aux nouvelles contraintes écologiques sur 4 piliers : le binôme changement climatique et énergie, l’implémentation des accords internationaux signés, la coopération régionale et l’intégration européenne de la politique d’adaptation au changement climatique. Enfin, les deux pays ont abordé les problèmes qui traversent le secteur laitier en Europe et se sont mis d'accord pour demander conjointement à la Commission européenne la possibilité d’établir des mesures additionnelles pour stabiliser ce secteur gravement affecté par des prix trop bas. En outre, l’Espagne veut promouvoir, lors de sa présidence, les politiques de biodiversité profitant de la célébration en 2010 de l’Année internationale de la Biodiversité.
Liban
– 17 mai 2009
Une ONG libanaise nourrit le débat sur l'agriculture et la sécurité alimentaire
Très active dans le travail de sensibilisation de la population aux problèmes d'ordre environnemental et aux impératifs du développement durable, Green Line, une ONG libanaise s'investit de manière originale dans la campagne des élections législatives qui auront lieu dans le pays le 7 juin 2009. Pour ce faire, elle a opté pour des spots écrits et audiovisuels adressés aux électeurs afin de les encourager à interpeller les candidats sur les droits des citoyens en matière de préservation des ressources naturelles du Liban, de sécurité alimentaire et de qualité de vie.
Les spots portant sur l'agriculture feront l'objet d'une table ronde organisée, le 17 mai 2009, à l'occasion de la célébration de la journée internationale de la sécurité alimentaire. « L'agriculture est un secteur multifonctionnel qui a un rôle majeur dans la protection de l'environnement et dans l'équilibre de la répartition démographique, puisqu'elle aide à combattre l'exode rural », explique Ali Darwiche, un responsable de Green Line au quotidien libanais « l'Orient Le Jour » qui a consacré à cette démarche originale un article dans son édition du 14 mai 2009. D'autres tables rondes sont programmées, entres autres, sur sur les énergies renouvelables et les ressources en eau dont la gestion doit être confiée au service public, estime Green Line qui défend ardemment la thèse selon laquelle « l'eau n'est pas une denrée à vendre » mais un service ayant sûrement un coût.
L'ONG compte par ailleurs publier des rapports bien détaillés dans lesquels elle exprimera sa vision quant aux contours des politiques publiques à mener, à l'avenir, dans les différents domaines liés au développement durable dont l'agriculture et la sécurité alimentaire. Ces documents seront adressés en premier lieu aux députés.
Alimentation
– 14 mai 2009
La France demeure attentive sur l'accord en Europe de viandes américaines sans hormones
Tout en se félicitant de l'accord conclu le 6 mai 2009 entre la Commission européenne et les Etats-Unis, en vue de régler le litige commercial euro-américain à propos de la viande du boeuf américain aux hormones, la France reste vigilante quant aux conditions de mise en oeuvre des dispositions relatives à l'importation des viandes bovines américaines fraîches sans hormones. « L'accord que nous avons obtenu préserve le modèle et la sécurité alimentaire européenne qui ne sont pas négociables », a indiqué Michel Barnier, Ministre français de l'Agriculture et de la Pêche, cité dans un communiqué rendu public par le Ministère le 7 mai 2009. Ainsi, en réagissant vite à l'accord, le Ministre entend mettre en exergue une requête exprimée à la fois par les opérateurs des viandes bovines françaises ainsi que par les associations de défense de consommateurs : les viandes de boeuf américain non traitées aux hormones et exportées en Europe devraient obéir aux mêmes règles appliquées aux viandes similaires européennes en matière de sécurité alimentaire sanitaire.
Rappelons que l'accord conclu entre Bruxelles et Washington met fin à un conflit qui dure entre les deux parties depuis plus de vingt ans. Il prévoit que les Etats-Unis renoncent à toutes les poursuites engagées auprès de l'Organisation mondiale du Commerce (OMC) contre les pays membres de l'Union européenne pour avoir refusé, au nom du principe de précaution, d'importer du boeuf américain traité aux hormones. Il prévoit également que les surtaxes imposées, en représailles au refus de ces pays, aux produits alimentaires européens exportés aux USA soient retirées. En contrepartie, les Etats-Unis pourront augmenter progressivement, d'ici quatre ans, les quantités de viande de boeuf non traité aux hormones de croissance, de 11 500 tonnes par an à 45 000 tonnes à partir de la quatrième année.
Tunisie
– 13 mai 2009
Miser sur l'expérience en matière d'eau usée traitée pour faire face aux risques liés aux ressources hydriques
La Tunisie a su au cours des deux dernières décennies mener à bien une politique publique visant à mieux gérer le dossier des pressions exercées sur ses ressources hydriques et à mieux rationaliser les usages de celles-ci. Mais des efforts gigantesques devraient encore être déployés pour faire face aux multiples défis qui se poseront, à l'avenir, dans ce pays concernant une ressource, de plus en plus rare, et de plus en plus convoitée. Ce constat vient d'être dressé lors d'un colloque organisé à Tunis sur la thématique suivante : « L'eau dans la région de la Méditerranée : un enjeu stratégique » Il a été remarqué, par exemple, que le tourisme, une source importante des devises pour l'économie nationale, absorbe plus des deux tiers des quantités d'eau mobilisées dans les régions touristiques, notamment au Cap-Bon et dans les stations balnéaires des autres régions côtières. Or, il est urgent de travailler à un usage de l'eau dans ce secteur afin de subvenir aux besoins des touristes mais aussi de procéder à une meilleure répartition rationalisée de la ressource entre les différents usagers.
Selon Habib Chaieb, Directeur des eaux non conventionnelles et de la recharge artificielle auprès du Ministère de l'Agriculture et des Ressources hydrauliques, la Tunisie est parvenue, au cours de la dernière décennie, à mobiliser 88 % de ses eaux grâce notamment à ses 29 grands barrages, ses 825 lacs collinaires et ses 95 000 puits équipés. Mais dans son dernier rapport à propos du développement au Maghreb et au Moyen-Orient, la Banque mondiale recommande à tous les pays de la région de revoir leur stratégie portant sur le capital hydrique pour faire face à bien des défis, dont la surexploitation actuelle des eaux souterraines, l'envasement des retenues des barrages et des lacs collinaires ainsi que les conséquences des changements climatiques sur les régimes hydriques. La Tunisie en est consciente depuis plusieurs années. C'est la raison pour laquelle elle s'est engagée, par exemple, dans des programmes très ambitieux en matière d'eau usée traitée.
Pêche
– 13 mai 2009
Les filets de pêche abandonnés ou perdus nuisent considérablement aux écosystèmes marins de la planète
Le volume des équipements abandonnés par les pêcheurs dans les mers et les océans est estimé à 640 000 tonnes, soit 10 % des déchets marins. C'est l'une des conclusions principales d'une étude publiée le 6 mai 2009 et entreprise conjointement par le Programme des Nations Unis pour l'Environnement (PNUE) et l'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO). De tels équipement sont responsables de ce que les auteurs de l'étude qualifient de « pêche fantôme », une « capture continuelle des poissons ou des autres animaux comme les tortues, les oiseaux de mers, les mammifères marins qui sont piégés » jusqu'à leur mort dans des conditions atroces.
En outre, ces déchets contribuent à l'altération des sols sous-marins et engendrent « des dangers de navigation qui peuvent causer des accidents en mer et endommager des bateaux », précisent les auteurs de l'étude. Et d'ajouter que le recours à des filets, de plus en plus résistants, fabriqués à partir de matières synthétiques ne peut qu'aggraver la situation : « Si un filet maillant est perdu, il peut continuer à pêcher tout seul pendant des mois -parfois pendant des années- et tuer sans distinction des poissons et et d'autres animaux... ». Pour y remédier, les auteurs de l'étude avancent une série de propositions dont des incitations financières pour récompenser les pêcheurs signalant ou ramenant des équipements perdus et l'utilisation de matériaux biodégradables pour la confection de nasses et autres pièges. Ils ont appelé également la communauté internationale à prendre le problème à bras le corps, lors de la Conférence internationale sur les océans qui s'est tenue à Manado (Indonésie ) du 11 au 15 mai 2009.
Environnement – 6 mai 2009
Une meilleure gestion hydrique dans le secteur agricole européen
L’Agence européenne pour l’environnement (AEE) a présenté, le 17 mars 2009, un rapport sur la rareté de l’eau intitulé « Water resources across Europe-confronting water scarcity and drought ». L’étude affirme que dans beaucoup de régions européennes, on observe une surexploitation des ressources hydriques liées à l’agriculture. En effet, l’agriculture représenterait 24 % de l’extraction d’eau en Europe (et jusqu’à 80 % dans certains pays du Sud de l’Europe) avec un fort impact sur les réserves car seul un tiers de l’eau utilisée est récupéré. Cette surexploitation entraîne une augmentation des probabilités de pénurie en eau, tout en diminuant sa qualité à cause des polluants. Cela peut, entre autres, endommager les écosystèmes des rivières et des lacs quand ceux-ci s’assèchent. Selon l’Agence, jusqu’à présent, les mécanismes existants concernant la régulation du prix et de gestion de l’eau ne sont pas parvenus à limiter la demande. En outre, les lois de limitation d’extraction de l’eau n’ont pas été suffisamment énergiques.
L’Agence propose comme solution de faire payer aux agriculteurs le véritable coût des systèmes d’irrigation, afin d’éviter le gaspillage et ainsi encourager des pratiques plus durables. Le rapport montre ainsi que si les prix reflétaient les véritables coûts, si l’extraction illégale d’eau était effectivement sanctionnée et si l’eau était payée en fonction du volume, les fermiers réduiraient leur consommation en eau ou adopteraient des mesures plus efficientes. Selon l’Agence, la taxation de l’eau est le mécanisme principal pour parvenir à une irrigation efficiente et pour trouver un équilibre entre l’économie et les objectifs environnementaux et sociaux. Le rapport souligne aussi la nécessité de stimuler les fermiers au niveau national et européen à l'adoption des techniques économes d’eau à travers des aides, plus de formation et d’appui à la recherche.
Espagne - 4 mai 2009
Un plan stratégique pour répondre à la crise du secteur laitier
Le Ministère de l’environnement et le milieu rural et marin a prévu de tenir, au cours du mois de mai 2009, plusieurs réunions avec les principales organisations espagnoles du secteur laitier afin de mettre en place le Plan stratégique « Horizon 2015 », présenté le 30 mars dernier. Ce plan est destiné à pallier aux graves difficultés du secteur et à répondre aux nombreuses manifestations des éleveurs ces derniers mois. Il se compose de cinq axes principaux : la restructuration du secteur, l’amélioration de la compétitivité et de la qualité, l’équilibre du marché, l’amélioration de l’information et la transparence de la production et de la commercialisation du lait ainsi que le renforcement de la cohésion interprofessionnelle.
Chaque axe comprend une série des mesures concrètes : par exemple, la proposition de cession du droit d’utilisation du quota de la Réserve nationale, instrument qui n’a encore jamais été utilisé en Espagne. Le plan dispose, en outre, d’un budget de 60 millions d’euros d’aides afin d’améliorer la qualité des exploitations.
Le secteur laitier espagnol s’est radicalement reconverti au cours des dernières années. Le nombre d’exploitations a été divisé par six, passant de 137 000 en 1993 à 24 200 en 2009. Beaucoup d’éleveurs n’ont pu résister face à des prix en baisse pendant plusieurs années, souvent au-dessous des coûts de production. Dans le contexte actuel de crise économique, les producteurs de lait sont durement touchés par la baisse des tarifs du prix du lait à la production, une chute qu'ils estiment à 40 % sur les quinze derniers mois. La principale cause de la baisse en Espagne est la diminution de la consommation et l’excédent de lait dans le marché, provenant des importations « massives » et du mauvais procédé de quelques producteurs espagnols, ont affirmé les organisations du secteur. La situation internationale n’appelle pas à l’optimisme. L’Inde et la Chine ont freiné la demande de lait, les excédents inondent l’industrie européenne et les éleveurs assurent qu’ils sont dans la pire crise de l’histoire récente du secteur. Le 16 avril dernier, les éleveurs laitiers espagnols (ASAJA, COAG et UPA) avaient manifesté à Madrid afin de demander au gouvernement des mesures extraordinaires pour aider le secteur à affronter la crise économique. Face à ce qui a été qualifié comme des « réponses insuffisantes ou nulles de la part du gouvernement », les organisations et coopératives du secteur ont prévu de poursuivre les mobilisations tout au long du mois de mai 2009. Les syndicats demandent plus de contrôle des importations, ainsi que des mesures pour diminuer les excédents dans le marché.
Il convient de rappeler que la crise du secteur laitier affecte tous les pays européens. Ainsi, l’European Milk Board, qui représente les intérêts des producteurs laitiers dans quatorze pays membres, réclame une régulation européenne pour adapter l’offre à la demande. Ils ont promu une manifestation ,le 29 avril 2009, qui a eu lieu dans 12 pays, sous le même slogan « Une régulation flexible des volumes pour des prix de lait justes ».
Environnement - 4 mai 2009
Objectif du prochain congrès international sur l'apiculture à Montpellier
La ville française de Montpellier accueillera, du 15 au 20 septembre 2009, la 41ème édition du Congrès international sur l'apiculture. Quelque 10 000 apiculteurs et chercheurs participeront à cette manifestation organisée par la Fédération internationale d'Apiculture (APIMONDIA) en collaboration avec l'Union nationale des Apiculteurs français (UNAF). Ce sera une occasion pour faire le point à propos « des principales découvertes des deux dernières années en ce qui concerne les aspects relatifs à l'apiculture dans tous ses états », a affirmé Gérard Arnold, coordinateur scientifique de la prochaine session du congrès. Parmi les thématiques sur lesquelles s'articulera une bonne partie des conférences et des ateliers prévus à cet effet, deux revêtent une importance capitale : la surmortalité des colonies d'abeilles dans plusieurs régions du monde et les effets du réchauffement climatique sur la flore et donc sur l'apiculture.
Au cours des dix dernières années, on a assisté un peu partout dans le monde à une vraie hécatombe au sein des colonies d'abeilles dont les conséquences sur la production du miel se font d'ores et déjà sentir. En France, ce phénomène a été un facteur déterminant dans la diminution des quantités de miel produites de 32 000 tonnes en 1995 à seulement 20 000 tonnes en 2005. Aux USA, une étude menée par l'Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID) a fait état de la disparition de la moitié des ruches dans 30 Etats au cours de 2007, ce qui a amené les agriculteurs à importer d'Australie et d'autres pays des abeilles pour contribuer à la pollinisation entre autres des amandiers californiens. En Chine, les paysans du la province de Sichuan sont obligés depuis plusieurs années d'effectuer à la main une telle opération.
Les apiculteurs et les chercheurs misent beaucoup sur le futur congrès de Montpellier pour apporter des réponses claires au sujet des causes de la surmortalité des abeilles et des moyens permettant d'atténuer celle-ci. Ils attendent également du congrès qu'il parvienne à identifier de manière pratique des plans qui soient efficients pour s'accommoder, à l'avenir, du réchauffement climatique. A cet égard,un bilan exhaustif sera tiré de « la jachère apicole », une expérience menée depuis plusieurs années dans certains pays européens et consistant à aménager des prairies dédiées exclusivement à l'alimentation des abeilles.