16 janvier 2026, Bari, Italie
Le CIHEAM Bari a clôturé la 21ᵉ édition des Journées de la coopération internationale par une conférence consacrée à la diplomatie humanitaire et scientifique au XXIᵉ siècle, réunissant des responsables institutionnels, des diplomates, des représentants d’organisations internationales et humanitaires, ainsi que des experts scientifiques et académiques. L’événement visait à renforcer le dialogue entre la diplomatie humanitaire et la coopération scientifique, à un moment où les crises mondiales se multiplient et où les canaux politiques et multilatéraux traditionnels sont de plus en plus fragilisés.

La conférence a été officiellement ouverte par Biagio Di Terlizzi, Directeur du CIHEAM Bari, puis par des allocutions institutionnelles de Teodoro Miano, Secrétaire général du CIHEAM, aux côtés de Vito Leccese, Maire de la Ville métropolitaine de Bari, d’Antonio Decaro, Président de la Région des Pouilles, et d’Ioana Gheorghias, Consule générale de Roumanie et doyenne du corps consulaire.
Dans son intervention, Teodoro Miano a souligné l’importance stratégique d’une diplomatie capable de relier solidarité et savoir, en particulier dans des contextes où les crises — humanitaires, climatiques ou géopolitiques — rendent plus difficile le maintien d’un dialogue soutenu entre les États. Il a rappelé que la diplomatie humanitaire vise à mobiliser les décideurs dans l’intérêt des populations les plus vulnérables, conformément aux principes de neutralité, d’impartialité et d’indépendance. La diplomatie scientifique, quant à elle, s’appuie sur le langage universel des preuves et des données, permettant de maintenir une coopération entre institutions même lorsque les relations officielles sont fragilisées.

Le Secrétaire général a souligné la nécessité d’une approche diplomatique intégrée, dans laquelle les dimensions humanitaire et scientifique se renforcent mutuellement. Dans cette perspective, l’information scientifique n’est pas seulement un outil de compréhension : elle devient un levier d’action, permettant d’anticiper les risques, d’établir des références partagées et de soutenir les réponses opérationnelles. Que ce soit à travers le suivi climatique, l’observation de l’humidité des sols, les systèmes d’alerte précoce pour les pertes de récoltes ou l’orientation des choix de politiques agricoles, la science contribue à façonner des décisions efficaces et opportunes. Il a également mis en avant la manière dont les réseaux d’expertise et de coopération technique peuvent constituer une forme de « dialogue parallèle », soutenant la désescalade et favorisant des solutions collectives, en particulier dans le domaine de la résilience alimentaire et hydrique.
La conférence s’inscrivait dans le cadre plus large du programme des Journées de la coopération internationale, qui, depuis le 12 janvier, a réuni plus de 70 professionnels impliqués dans des projets de coopération menés dans de nombreuses régions du monde, contribuant à un développement plus durable, équitable et inclusif des systèmes ruraux et côtiers en Méditerranée, en Afrique et au Moyen-Orient.


La journée a également été marquée par la signature d’un protocole d’accord (Memorandum of Understanding) entre le CIHEAM et l’Ordre souverain militaire de Malte, établissant un cadre pour des activités conjointes en matière de formation, d’assistance technique, de recherche et de coopération scientifique et diplomatique, en appui à la mise en œuvre des Objectifs de développement durable et à la protection des droits humains.
En clôturant cette édition, le CIHEAM Bari a réaffirmé une conviction fondamentale : dans le monde d’aujourd’hui, la coopération internationale ne peut se limiter à la réponse aux urgences. Elle doit également s’appuyer sur la science, les réseaux de connaissances et le renforcement des capacités, afin de transformer les données en décisions et la solidarité en actions durables.






