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Dans un monde fracturé par les tensions géopolitiques et le dérèglement climatique, le CIHEAM s’impose comme un acteur de stabilité. Depuis plus de soixante ans, cet organisme intergouvernemental fait le pari de transformer le bassin méditerranéen en un laboratoire, où la sécurité dans l’assiette devient un levier de paix.
Vers une souveraineté de partage et de solidarité
Pour le CIHEAM, la résilience des nations méditerranéennes repose sur une « solidarité active », fondée sur un constat simple : en matière alimentaire, l’interdépendance est une réalité. Les semences, les variétés et les savoir-faire ont toujours circulé entre les pays. En agissant comme une interface entre la rigueur scientifique et le dialogue politique, l’organisation entend transformer cette interdépendance en projet collectif de sécurisation des ressources et des connaissances. Cela passe par le partage de données scientifiques et d’expertises ou l’appui au développement de filières complémentaires. Le CIHEAM promeut ainsi une souveraineté alimentaire solidaire, recentrée sur des chaînes de valeur régionales.
La science comme levier de paix et de stabilité
Face aux risques de ruptures sociales, l’agriculture devient un vecteur de dialogue. Dans les zones de tensions, coopérer sur l’eau, les sols ou la santé animale permet de maintenir des liens, même lorsque les relations diplomatiques sont fragilisées. “Lorsqu’on partage une mer ou un fleuve, ou que des maladies des plantes se propagent, ne pas coopérer est un luxe que l’on ne peut pas se permettre”, souligne Yasmine Seghirate, administratrice au Secrétariat général du CIHEAM, ajoutant que “sans sécurité alimentaire, il ne peut y avoir ni sécurité durable ni paix dans la région”.
En favorisant la circulation des savoirs et l’innovation, le CIHEAM contribue à désamorcer des tensions latentes et aussi à créer des opportunités d’emplois durables dans les zones rurales. La diplomatie scientifique devient ainsi un instrument de soft power au service de la paix.
Un modèle culturel et alimentaire à réinventer
Face aux défis climatiques, le CIHEAM développe des solutions ancrées dans les territoires. “Nous travaillons sur la gestion de l’eau, la préservation des sols, la protection des écosystèmes et la promotion d’une alimentation durable”, explique Roberto Capone, Administrateur Principal et Focal Point pour les «Systèmes alimentaires durables ». Ces dimensions sont interconnectées dans une approche One Health, où santé humaine, animale et environnementale sont liées. Dans ce contexte, la diète méditerranéenne constitue un levier central. “Ce n’est pas seulement un régime, c’est un mode de vie”, rappelle-t-il. Sa promotion vise à reconnecter agriculture, goût, santé et lien social.
Les forces vives des mondes ruraux comme moteurs de transformation
Le CIHEAM considère la jeunesse et les femmes des zones rurales au-delà du seul prisme de la vulnérabilité sociale. Ils sont considérés comme des acteurs stratégiques et des entrepreneurs indispensables de la transition méditerranéenne. En valorisant ces talents, l’organisation réactive une histoire commune faite d’échanges et de métissages pour offrir un horizon de prospérité concret aux nouvelles générations. Ce laboratoire « positif » ne se contente plus de gérer l’urgence : il expérimente des modèles de gestion durable des ressources exportables à l’échelle mondiale. La Méditerranée s’affirme ainsi comme le nouveau centre de gravité de l’intelligence alimentaire, prouvant que l’inclusion rurale reste le moteur principal de l’innovation de demain






